Chère Amie lectrice,
Il parait que les femmes taisent beaucoup de choses… Et bien ici, la plume culottée écrit tout.
Tout d’abord, bienvenue dans ce tout premier chapitre. Dans cette chronique, ma plume est culottée et parfois même déculottée. Je souhaite vous y partager des bouts de moi ou des bouts d’histoires qui me touchent. Alors que ce soit sur l’amour, le sexe, l’amitié, la féminité et j’en passe, je vous offre une totale honnêteté. Car, ce partage, c’est aussi vous inviter à déculpabiliser dans vos ressentis, à accepter des moments de vie parfois difficile et à rire des drôles d’épreuves que la vie nous mets sur notre route.
Et là, la vie a décidé de me faire un cadeau qui pique méchamment mon p’tit cul. J’ai longtemps hésité à en parler. D’ailleurs, vous lisez actuellement la quatrième version, les autres ayant fini à la poubelle aussi rapidement que le premier café que j’ai bu de ma vie. Pourtant, c’est un sujet qui me rend vraiment chèvre en ce moment. Je deviens chèvre à un tel point que le stress a provoqué du retard dans mes règles (enfin, on espère que c’est ça et pas la ménopause qui arrive en avance, ou pire l’arrivée surprise d’un embryon en pleine guerre froide avec mon conjoint.).
En-tout-cas, je me tape un SPM plus long qu’un épisode de K-drama, mêlé à des problèmes de moulaga et d’un chagrin d’amour. He oui ! Même en couple, on peut vivre un chagrin d’amour. Alors imagine ma tête ! Les cernes de l’insomnie, le sourire inversé, les boutons sur le menton et les yeux qui semblent dire : « Parle-moi et je t’arrache ton cœur et ton âme avec ! ». Une vraie fleur en train d’éclore au soleil du printemps.
Mais bon rentrons dans le vif du sujet. Tu l’as sûrement vécu aussi, mais cette première partie de l’année a été… Comment dire ?Remuante ?
Merdique ?
Révélante ?
Secouant ?
Tout ça à la fois et certainement plus encore. Elle nous a montré des choses qu’on ne voulait pas voir et nous a mises la tête dans notre caca bien profond. J’ai pris des décisions. J’ai posé des limites là où y en avait besoin et j’ai fait des choix pour moi. Ben apparemment, ce n’était pas suffisant ! Oooh non ! Que nenni ! Le scénariste du ciel a ajouté un putain d’épisode dans tout ce chaos qu’est ma vie actuelle. Il doit bien se marrer le con !

Tout a commencé par une matinée banale.
Les oiseaux chantaient dehors. Un courant d’air frais parcourait la chambre et le salon. Le chat miaulait pour réclamer ses croquettes. Bref. Moi ? Je sortais de ma douche. Mon mec était sorti quelques minutes plus tôt et se coiffait. Ça fait 7 ans que mon Jules et moi, nous sortons ensemble (ah ah ah la fameuse étape des 7 ans). C’est toujours un plaisir de le voir nu et je le regarde donc avec les yeux de l’amour (stupides yeux de l’amour !). Comme d’habitude, je le complimente :
— Tu es très sexy !
Un, je le pense. Deux, je sais que ça fait toujours plaisir d’entendre. Je rajoute même, pas du tout avare de compliments :
— Tu es toujours sexy !
J’attends quelques secondes, avec l’évidente envie d’un retour. Normal quoi ! Mais au bout d’un moment, il devient implicite que je n’en aurais pas. Bonne fifille, je me dis que ce n’est pas grave. J’ai l’habitude. Je vais lui réclamer mon compliment et je lui demande, la voix mielleuse :
— Et moi ?
Avec un sous-titre pas du tout discret : « Pitié dis moi que je suis sexy bordel ! »
Parce qu’honnêtement, ces derniers temps, j’ai besoin de l’entendre. J’ai pris beaucoup de kilos suite à une grossesse qui a fini sans bébé. J’ai du mal à les perdre et j’ai besoin d’être rassurée. Je l’aime, il est censé m’aimer. Cette grossesse, nous l’avons voulue ensemble donc pour moi, c’est évident qu’il voudra me rassurer aussi.
Et bien… Le silence qui a suivi ma question m’a un peu… Comment le dire sans m’énerver ? Tant pis, je m’énerve… Ce putain de silence m’a sacrément chamboulax. Et je peux te dire que quand j’utilise ce mot, c’est qu’y a de la chamboule ! Je suis resté sans voix. Je ne savais pas vraiment quoi dire. Pourtant, dans ma tête… Les meufs, je vous jure, dans ma tête, c’était genre l’affolement total. Comme si j’avais secoué une fourmilière d’insectes tueurs, prêts à me dévorer.
— Mais oui, c’est sûr, on est immonde meuf !
— Oh putain, le bâtard !
— On est affreuses !
— Il nous aime plus.
— Je vais le buter !
— VRAIMENT ???!!!
— Je suis sur le cul !
— Non mais là, c’est la confirmation qu’on attendait, on est dégueulasse !!!
Et oui, je me parle comme si j’étais plusieurs personnes.
Bref, j’ai été touché en plein cœur. J’ai pris LA balle comme s’il venait de me tirer dans le dos : main sur le cœur, bouche en O, yeux écarquillés avec la petite larme qui coule. J’ai avalé ce silence en crachant du sang (Drama ? Moi ? Absolutely not !).
Il m’a fallu plusieurs minutes pour enfin réagir et lui demander quand même un peu d’amour. Ouais, je sais, je suis une mendiante d’affection. Et bien même en tendant la main, l’oeil larmoyant, je n’ai rien eu. Pire ! Il a tiré une deuxième fois.
Tu vois, pour la première, tu te dis :
— okay, un tire maladroit, une erreur de cible, un faux mouvement.
Et là, tu te prends la deuxième balle :
— J’allais quand même pas te mentir.
Oui, c’est bien ce qu’il m’a dit le bougre. Je propose d’ailleurs une minute de silence pour honorer la mémoire de mon amour-propre.

Voilà merci.
Reprenons. J’étais soufflé, genre sans mot, muette de surprise. Et aujourd’hui, après plusieurs semaines, je n’arrive toujours pas à le digérer. J'analyse ce moment, le tourne dans tous les sens. J’en parle autour de moi. Rien à faire. Je ne m’y fais pas. Et je ne m’y fais pas parce que ma vie, elle est faite de ça : de prévenance sans retour, de soutien sans réciprocité et d’affection sans réponse.
Combien d’attentions j’apporte aux autres ?
Combien de fois j’ai évité d’exprimer ma colère parce que « bon, je vais mal le faire et les autres vont être blessés » ?
Combien d’efforts, j’ai fait toute ma vie pour être la meuf parfaite pour les autres ?
Putain de conception de la perfection féminine !
Et bon, je parle de couple, mais dans l’amitié, la famille, les relations en général, c’est pareil.
Kif kif !
Idem !
Combien de fois, j’ai liké des publications pour soutenir des personnes qui n’ont jamais liké en retour ?
Combien de fois, j’ai été présente pour ceux qui avaient besoin de moi et combien d’entre eux l’ont vraiment été quand moi, j’en avais besoin ? (les meilleurs évidemment - ils se reconnaîtront)
Toujours les mêmes efforts, les mêmes attentions, les mêmes excuses, pour finalement quoi ? Ben des miettes de pain. Et le petit Poucet a essayé les miettes de pain, ça ne mène nulle part.
Cet événement peut te paraître anodin et ça démontre aussi ce que les femmes sont prêtes à accepter. En-tout-cas, dans ma vie, cet événement m’a amené à me poser une question très importante : quelle valeur je me donne ?
Et le problème en soi, ce n’est pas tant mon conjoint. C’est surtout comment je me vois moi. Parce que si je fais tant d’efforts sans retour, c’est peut-être que j’ai moi-même l’impression de devoir faire un maximum pour recevoir un minimum. En d’autres mots, je dois compenser le peu de valeur que j’ai en faisant plus que les autres. C’est fou quand on le lit à quel point ce constat est affligeant.
Et tu veux savoir le pire dans tout ça ? C’est que le doute persiste. Même si je me dis que j’ai de la valeur, il y a toujours ces petites voix qui se demandent si je le mérite.
— Est-ce que je suis assez jolie ? Assez sexy ?
— Est-ce que je ne suis peut-être pas assez mystérieuse ?
— Peut-être qu’en fait, je ne prends pas assez soin de moi ?
— Est-ce que je lui parle mal ? Est-ce que j’ai été méchante ?
— Est-ce que je ne l’aime pas correctement ? Est-ce qu’il a des choses à me reprocher ? Est-ce que je peux m’améliorer ?
— Attends, mais moi aussi, je ne suis pas parfaite hein ! Alors ne ferais-je pas mieux de me taire et d’accepter ?
Et là, je ne vous parle que de l’exemple de mon mec. Parce que rajoute à ça toutes les autres situations où je pense devoir compenser mon manque de valeur et tu obtiens l’énergie d’une bombe maintenue dans mon petit crâne.
Alors STOP ! Ça suffit à toujours regarder ce qui ne va pas chez moi.
Ce n’est plus être honnête avec soi, c’est être maltraitant.
Et tu sais à quel point, nous pouvons être dure avec nous-même ? Bien plus qu’on ne l’est avec les autres.
Et si on commençait à se regarder avec les mêmes yeux amoureux que l’on offre à l’autre ? Et si je me regardais comme ça, qu’est-ce que je me dirais ?
Et bien, je me dirais :
- que je suis quelqu’un de formidable et d’unique,
- que je suis belle quand je souris, mais aussi belle quand des larmes coulent sur mes joues,
- que je suis courageuse et incroyablement puissante,
- que je sais me remettre en question parce que j’ai la bravoure de vouloir évoluer, de vouloir me trouver et de sortir de mes schémas limitants,
- que je suis sexy, toujours sexy, bandante même,
- que je suis désirable parce que je sais ce que je veux et que mon corps de femmes est un cadeau de rondeurs et de douceur,
- que je suis une femme surprenante avec qui on ne s’ennuie jamais, toujours pleine d’idées, d’envie, de vie,
- que je suis une reine et que je porte une couronne faite de toutes mes blessures, mes traumas et de tout ce que j’ai su traverser la tête haute
- et que tout ça fait de moi, une femme sublime.
Alors, oui, je mérite. Je mérite qu’on me dise que je suis belle. Je mérite de me sentir soutenue. Je mérite de recevoir des excuses. Je mérite d’avoir quelqu’un qui fait des efforts pour moi, qui se remet en question. Je mérite qu’on me désire. Je mérite qu’on me regarde avec des yeux brûlants, qu’on me plaque contre le mur et qu’on me fasse jouir avec les doigts juste pour le plaisir de me voir jouir. Je mérite tellement et plus encore, parce que je suis moi, tout simplement, une reine parmi toutes les reines que nous sommes.
Et à toi, ma belle, parce que je suis sûre que tu ne te le dis pas suffisamment et que peu de gens te le disent : tu as de la valeur et tu mérites. Tu mérites de vivre des relations qui te montrent que : « Putain, ça vaut trop le coup de t’avoir dans ma vie ! » Tu mérites qu’on te dise que tu es belle. Tu mérites qu’on te désire et qu’on te montre à quel point tu es une reine. Parce que tu es une reine !

Et parce que je trouve que la musique est un remède des plus puissants pour passer en mode « Queen sa mère ! » , je t’ai sélectionné des petits morceaux ;)
- Encore et encore, de Francis Cabrel : parce que tu connais ma sœur, c’est un classique et puis il me rappelle chaque fois que ce n’est pas la première fois.
- Reine, de Lena HNR : parce qu’on a envie de relever notre tête royale.
- Belle à en crever d’ Olivia Ruiz : parce que je ne sais pas toi, mais moi quand je suis vénère, j’ai trop envie de porter ma revenge dress et ma revenge tronche pour que l’autre se rappelle à quel point je suis sexy et fatale pour lui.
Alors bonne écoute.
Je vous envoie plein de baisers et vous dit à la prochaine mes Queens !
PS : Merci à toutes ces personnes qui m’entourent et qui me montrent à quel point je suis importante pour elle.
Signé : Ta reine la plume culottée

