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2. Paréo et Pâte à tartiner

Les chroniques de la plume culottée - numéro 2

Chère Amie lectrice,

Il parait que les femmes taisent beaucoup de choses… Et bien ici, la plume culottée écrit tout.

Dans cette chronique, ma plume est culottée et parfois même déculottée. Je souhaite vous y partager des bouts de moi ou des bouts d’histoires qui me touchent. Alors que ce soit sur l’amour, le sexe, l’amitié, la féminité et j’en passe, je vous offre une totale honnêteté. Car, ce partage, c’est aussi vous inviter à déculpabiliser dans vos ressentis, à accepter des moments de vie parfois difficiles et à rire des drôles d’épreuves que la vie nous mets sur notre route.

Ça y est. Elle est là. La deuxième chronique arrive comme un TGV Paris - Nice faisant enfin son apparition sur le quai. Tellement attendue. Normal, tu as lu la première chronique et tu es déjà accro. Cela ne m’étonne guère ! Il faut dire que j’écris les déboires de ma vie avec brio. Quoi ? Tu trouves que je me la pète ? Entièrement vrai ma poule ! Mais in-dis-pen-sable. C’est l’attitude que j’ai décidé d’emprunter le temps d’un été parce que, bon, il faut bien que je compense ce que je m’apprête à t’avouer… Alors rapproche tes oreilles que je te raconte (ou plutôt tes yeux).

Mode confidence activée.

Cette année encore, j’ai échoué. Cela fait des années que j’essaie et je n’y suis jamais arrivée. Que je m’y prenne en début d’année, au printemps, ou même après Noël, rien n’y fait. Toujours le même constat, chaque année.

Et cette fois, ce constat, je l’ai fait dans la position du chien tête en bas. Qu’est-ce que je faisais dans cette position, me direz-vous ? Excellente question. J’ai appris, il y a peu, que cette position permettait de ramener du sang au niveau du crâne et donc d’éviter la perte de cheveux. Alors pour une femme comme moi qui s’inquiète de ne plus avoir un poil sur le caillou, cette position est devenue un rituel important.

Mais revenons à nos moutons. Le cul pointé vers le ciel, comme s’il attendait d’être béni, je regardais mon ventre se poser mollassement sur mes jambes. Une vague de dépit m’avait envahi. Je me disais distraitement que cette position sans t-shirt, mmmmhhh, c’était pas l’idéal. Persuadée d’avoir assez regardé mes pieds pour m’éviter à coup sûr une calvitie, je me redressais donc. Ma tête se mit à tourner et je m’accrochais rapidement au meuble pour ne pas vaciller. Décidément, mon corps n’était pas aussi en forme que je le pensais.

Et ce constat, je l'ai fait alors que le soleil était enfin revenu, que les oiseaux chantaient sur le rebord de ma fenêtre et que la chaleur commençait à envahir les habitations. Moi, je vous le dis, ça pue l’été !

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Ça pue l’été et je ne suis pas prête. Mon jambon pend sur mes jambes tendue et comme depuis plus de 20 ans, j’ai encore loupé le rendez-vous du Summer body parfait. Et soyons honnête, ce n’est pas un mois chargé de barbecues, de bières en terrasse et d’apéros dînatoires qui va rattraper le coup. Pourtant, on peut dire que (comme chaque année) j’en ai fait des efforts pour l’avoir ce putain de corps parfait pour les bikinis.

J’ai vu un médecin acupuncteur pour maigrir, mais… Son régime était beaucoup trop stricte. Le psychopathe a essayé de m’enlever le sucre et le fromage. Il voulait carrément me retirer ma joie de vivre. Comme si ça allait alléger mon poids.

J’ai fait du sport, mais… J’aime pas le cardio. Transpirer et avoir chaud, je peux déjà le faire en étant allongée sur le rebord d’une piscine, pas besoin de me torturer pour ça.

J’ai fait attention à ce que je mangeais, mais… J’ai découvert la pâte à tartiner spéculos ! Et cette délicieuse drogue légale m’a vraiment aidé à passer ce début d’année merdico possible.

Alors difficile d’atteindre ce qu’attendent de moi tous les magazines féminins : le body Summer ou en gros, le matraquage d’une idée qui dirait que l’été, il faut que le corps des femmes soit parfait.

Je sais que cette idée est un peu démodée. Je sais que grâce au mouvement de body-positivité, les mentalités commencent à évoluer. Et pourtant, malgré tout ça, c’est plus fort que moi.

Pas facile de retirer des dizaines d’années d’injonctions martelées au burin du capitalisme. Parce que soyons honnête, sans ce maudit body Summer de mes couilles, la vente des crèmes, compléments amaigrissants, applis de sport, substitut de repas et j’en passe s’effondrerait complètement. Et moi, en toute honnêteté, parce que je vous l’ai promis, cette putain d’injonction est gravée en moi comme les 10 commandements sur les Tables de la loi. Qu’on me condamne, qu’on me cloue au pilori, mes pensées le font aussi, j’ai l’habitude. Mais cette ritournelle d’autoflagellation sera toujours présente et reviendra inlassablement à chaque été :

— Je ne veux pas qu’on voit ma cellulite sur la plage.

— Mon dieu, c’est quoi cette culotte de cheval ! Je ne vais pas montrer ça quand même?

— Ma graisse qui bloblotte à chaque fois que je fais un mouvement, c’est vraiment laid!

— À quoi je vais ressembler sur la plage ? En maillot de bain ? Avec cette putain de robe de plage que je vais acheter une blinde dans une boutique des bords de mer ?

Alors, oui, j’avoue. J’avoue que l’été, j’ai envie de me sentir comme une bombe. J’ai envie de me déhancher en robe courte, en short, mon décolleté fièrement dressé face au soleil. J’ai envie de me sentir caliente, comme Shakira dans un clip de Shakira. J’ai envie que ce paréo qui m’aura coûté un rein, je puisse le porter fièrement et me dire « Oh putain t’es trop sexy ! ».

Et chaque année, j’essaie. J’essaie de me sculpter un corps qui ressemble à ce qu’on voit dans les magazines. Chaque année depuis mes 17 ans, je tente et chaque année, j’échoue. Mais alors pourquoi depuis tout ce temps, je n’y suis jamais arrivée ? Ben en fait, parce que chaque année, mon corps est différent, mes objectifs changent et surtout - surtout, note bien ça - chaque année, j’exige encore ce que je n’ai pas. Je ne me contente jamais du corps que j’ai, qu’il est 10 kilos en plus ou 10 kilos en moins. Jamais, il sera satisfaisant ! Car on est toujours plus exigeante avec soi.

Mais alors quoi ? Je vais le vivre mal cet été ? Je vais m’empêcher d’être sexy ? De rouler des hanches comme si j’étais dans un clip de Shakira ?

Absolument pas ma gonz ! Je vais me sortir les doigts du cul et surtout enfiler mes lunettes de soleil. Je vais aller voir mon coiffeur et lui dire : « Ok Jackie, coupe moi cette touffe et fais de moi la bombasse que je suis ! » Bonne ou mauvaise idée ? Je vous en dirais plus quand ils auront repoussé.

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Et je vais le mettre ce paréo. Oh oui, je vais le mettre ce paréo qui aura ponctionné la totalité de mon budget Margarita ! Je le veux et je vais le porter fièrement. Parce que franchement, j’ai 38 ans. Les années passent vite comme ta voiture sur l’autoroute des vacances. Chaque été est une occasion de profiter de toute cette énergie. Et je ne la louperais sous aucun prétexte. Même si je ne corresponds pas aux critères de beauté imposés par cette société malade. Oui, je suis une femme. J’ai des rondeurs, de la cellulite, un ventre arrondi et un corps qui aime le soleil, le sexe et la pâte à tartiner… Surtout si elle est au spéculos ma gueule !

Alors oui évidemment que ces injonctions continuent à me polluer, évidemment que j’y pense, évidemment que l’objectif du perfect Summer body tournera dans ma tête. Mais finalement, je suis plus forte que ça. He ouais ! Et je vais me le répéter tous les jours : j’ai le corps idéal pour l’été ! J’ai un corps de déesse à faire damner les dieux. J’ai un corps chaud, sexy, parfait !

Et toi aussi ma petite bombasse. Les normes de beauté qu’on t’impose ne doivent jamais être une excuse pour te cacher cet été. Regarde-toi et répète-toi comment tu es belle, sexy, chaude. Tu mérites de vivre ton été avec légèreté, joie, et calor !!!!

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Comme dans le premier numéro, je t'ai déniché des morceaux qui vont booster ta confiance en toi ma belle !

  • Mon soleil de Dadju parce que ça parle de goûter la vie en entrée, plat, dessert, et on aime ça ;)
  • Me too de Meghan Trainor parce que je te jure quand j’écoute ce titre, j’ai l’impression que personne ne pourra jamais m’enlever ma confiance en moi ! Meuf, je deviens tellement sûre de moi !
  • Vaitimbora, de Trinix et Mari Froes parce que quand j’écoute ça, je me sens tellement bombe, je vous jure.

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Signé : ta bombasse enspéculosée, la plume culottée

PS : les cheveux, c’était finalement une très bonne idée.

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