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Mercredi - 16h20

· Les histoires coquines


Pouh, qu’est-ce que je fous là ? Vraiment, je ne sais pas. À moitié mouillée, j’ai l’impression de faire n’importe quoi. Ce n’est pas nouveau. Ces derniers temps, je me sens complètement perdue.

Voilà cinq ans que je suis avec Jonas. Aaah Jonas ! Ce bel homme gentil, tendre, doux. Je ne peux pas le nier, il ferait rêver de nombreuses femmes. Mais moi, je m’ennuie… Terriblement. Évidemment, ça n’a pas toujours été le cas. Notre amour, on l’a vécu à fond : des « mon amour » par-ci, des soirées romantiques par-là. Mais forcément, aujourd’hui ce n’est plus pareil. Le beau Jonas, il ne fait plus exploser de feux d’artifice dans mon corps. Les attentions et les mots doux sont passés. La vie quotidienne et ses tâches nous ont rattrapés. Je ne sais même plus si je l’aime. Même sexuellement, la routine nous a eus : une amazone sur le lit, un petit missionnaire sur le canapé et une levrette dans la salle de bains. Les mêmes positions dans les mêmes endroits depuis dix ans.

Je soupire bruyamment, tournant la tête autour de moi. La pluie tombe à seaux. Le bruit des gouttes sur le parapluie est assourdissant. Les allées entourées d’arbres sont vides. Il n’y a personne aujourd’hui pour se promener.

Ces derniers temps, les allées du parc étaient pleines. Après un hiver gris à mourir, les gens avaient besoin de sortir de chez eux. Qu’est-ce que je les comprends ! D’ailleurs, c’est avec cette même envie que tout a commencé.

Cette fin d’après-midi-là, je rentrais à pied. Le ciel était d’un bleu immaculé et je voulais prendre le soleil après une journée de rendez-vous tendus. Tu sais ? Ces journées de travail où tu finis par être tellement à cran qu’une petite réflexion te transformerait en folle furieuse. Et bien, c’était une de ces journées. Je savais que pour la survie de Jonas, il vaudrait mieux s’aérer un peu avant de rentrer. Ça tombait bien. Il faisait beau et la route pour rentrer chez moi longeait un parc. Les arbres qui s’élevaient de chaque côté de ce chemin réservé aux piétons et aux cyclistes offraient une promenade vraiment agréable.

Je respirais l’air qui faisait bouger bruyamment les branches. Putain, ce que ça faisait du bien ! Enchantée, je regardais les pâquerettes jonchant l’herbe verte. Les oiseaux chantaient à tue-tête. Je souriais au vent qui jouait avec mes cheveux et aux merveilleuses couleurs qui habitaient les parterres de fleurs. Oui, je suis une sentimentale, une rêveuse, une folle qui fait des câlins aux arbres. Ne rigolez pas ! Je l’ai déjà fait. Mais revenons à nos moutons…

Alors que je faisais ma folle du parc, quelque chose a attiré mon attention. Comme si j’avais senti son regard sur moi, j’ai tourné la tête. Un homme courait d’un pas léger. On aurait dit que le vent le portait. Je vous jure. Il était tellement gracieux qu’en le regardant, n’importe qui pouvait se dire que courir était facile. Mais quelque chose d’encore plus surprenant se réveillait d’un long sommeil. Mon cœur s’était remis à battre.

Et c’était pour lui. Ben oui, parce que c’est que je le connaissais le bougre et je l’avais tout de suite reconnu. Les vingt ans qui me séparaient de mes souvenirs ne l’avaient pas changé. Ils avaient juste habillé son visage de plus de maturité et son corps de plus de virilité - un bonus qui avait beaucoup de saveur.

Des images précises ressortaient de ma mémoire. Je le revoyais assis derrière moi. Ses yeux se fermaient davantage quand il me souriait. Je me rappelais même son prénom : Tomy. Incroyable ! Qui aurait cru que le jeune adolescent imbécile qu’il était m’avait autant marquée ? Nous étions ensemble au collège. Pour vous dire à quel point ça date ! Je devais avoir 13 ans et je me rappelle qu’il me faisait sérieusement craquer à l’époque. Il était assis derrière moi en classe et me tapotait le dos chaque fois qu’il avait besoin d’une gomme, d’un crayon, de colle… Il avait toujours besoin de quelque chose. Et qu’est-ce qu’il me faisait rougir !

Tomy était un de ces plaisantins qui se mettaient au fond de la classe pour embêter leur camarade féminine. Ses yeux polissons brillaient quand je me tournais vers lui. Je pouvais voir sa malice s’agiter dans ses iris. Je ne voulais pas me l’avouer, mais c’était cela qui me plaisait le plus. J’étais tellement timide et tellement sérieuse, à l’époque. Je n’ai jamais rien tenté. De toute façon, à 13 ans, je n’aurais pas pu assumer le petit démon qui se cachait derrière son visage d’ange. Alors qu’aujourd’hui…

C’est surprenant, la vie quand même ! Vous ne vous souvenez plus de ces personnes qui, un jour, ont eu une importance dans votre vie et, pouf ! Elles réapparaissent au moment opportun.

En tout cas, dès que je le vis, mes yeux ne purent pas se détacher de cet homme qui était toujours aussi beau et qui me regardait. Pouh la la ! Son short et son t-shirt de foot m’offraient un spectacle tellement divertissant. À un tel point que je ne me rendais même pas compte que je le regardais avec indécence. Il me rappelait le goût de l’insouciance. Et c’était tellement délicieux. Lorsqu’il me dépassa, je me retournai. « Belles petites fesses ! » pensais-je.

Il tourna la tête et m’offrit un sourire malicieux qui me fit rougir comme si j’avais 13 ans à nouveau. Putain ! Incroyable ! Le même sourire et les mêmes effets sur moi. Moi ? Une jeune fille impressionnable ? Ce n’était plus le cas depuis longtemps, mais cet après-midi-là, le petit démon revenait souffler la fantaisie qui me manquait tant. J’ai alors automatiquement regardé mon portable. Il était 16 h 20. Nous étions mercredi et ces informations allaient devenir terriblement importantes.

Un deuxième, un troisième, un quatrième mercredi… Rentrer à pied pour croiser mon joggeur préféré était devenu une routine inévitable et on peut dire qu’il était ponctuel… comme moi. Jamais je n’aurais loupé 16 h 20.

Le matin, je passais de plus en plus de temps dans la salle de bains. Je prenais soin de moi, de mes tenues. Je me remettais à faire du sport. La vie me semblait, d’un coup, beaucoup plus drôle, beaucoup plus facile à vivre. Quelque chose était venu remuer l’ennuyeuse tranquillité dans laquelle je m’embourbais.

D’abord, nous échangions de simples sourires … ravis mais rapides. Un mercredi, il me fit même un clin d’œil. J’ai failli faire un arrêt cardiaque ce jour-là. Mon adolescente intérieure, elle, riait nerveusement.

Et puis un jour, je me suis arrêtée sur la piste. J’ai empoigné la hanse de mon sac pour me donner une contenance. Et je me suis dressée sur la piste droite comme un i. Allait-il comprendre que je ne pouvais plus me contenter de lui sourire ? Ça va cinq minutes, mais je n’allais pas m’en contenter mille ans. Je n’étais plus l’adolescente passive.

Alors, il m’a regardé. Je l’ai regardé, les yeux déterminés. Puis, petit à petit, il s’est approché, ralentissant sa course. Le rythme erratique de mon cœur résonnait dans mes oreilles. Ma respiration était devenue irrégulière. Mon ventre se tordait dans tous les sens. L’adolescente timide me sommait de fuir. Ah non hein ! On reste !

Il s’arrêta devant moi, se pencha pour reprendre son souffle et releva la tête vers moi.

— Tu m’attendais ?

— Euuuuh… Pepepeut-être.

Un immense sourire amusé marquait son visage. Ma détermination n’avait pas éliminé la peur qui tordait mon ventre. Je ne savais plus parler.

— C’est drôle, je me demandais justement qui de toi ou de moi ferait le premier pas Lola.

— Tu sais comment je m’appelle ? Lui demandais-je surprise.

Même si je me souvenais de lui, je ne pensais pas que ce serait son cas. Lui m’avait marqué, mais comment la jeune fille rougissante de l’époque avait-elle pu le marquer aussi ?

— Bien sûr. Je me souviens de toi, Lola. Tu as été ma trousse pendant 1 an au collège, ria-t-il. Et je sais que toi aussi, tu te souviens de moi, pas vrai ?

Il n’avait pas changé. Je retrouvais le même petit diablotin qui me faisait craquer. Mon adolescente faisait des bons dans mon cœur. « Il m’a reconnue ! » Hurlait-elle.

— Oui, en effet, lui répondis-je les joues chaudes.

— Tu n’as pas changé. Les mêmes joues rouges et le même regard brillant indéchiffrable. Je me suis toujours demandé ce qu’il cachait.

Ses paroles répandirent leur souffle brûlant dans mon torse. Je l’intriguais bordel !

— Toi non plus. Le même sourire narquois et le même regard malicieux, répondis-je.

Il émit un rire léger. Mon regard s’accrocha à ses lèvres que, subitement, j’avais envie de mordre. Mais qu’est-ce qui me prenait ? L’adolescente en moi cacha ses yeux, gênée par cette pensée déplacée.

Les mercredis après cet échange, sont devenus plus intéressants encore. Nous ne nous donnions jamais rendez-vous. Mais un hasard bien calculé, nous faisait nous retrouver chaque mercredi. Comme je m’y attendais, ses taquineries réveillaient en moi un désir grandissant.

Nos discussions se prolongeaient. Je rentrais de plus en plus tard chez-moi. Jonas ne me posait pas plus de questions que ça, ce qui m’arrangeait. D’ailleurs, nous n’avons jamais mentionné nos vies de couple respectives avec Tomy. Je ne sais pas s’il est en couple, lui non plus et c’est très bien comme ça. C’est comme si finalement, cela n’avait rien à voir avec ce qu’il se passait entre nous.

Enfin, quelque chose secouait ma vie tranquille. Mes soirées étaient animées par l’image de ses lèvres et de son sourire malicieux. Ce petit rituel était devenu le moment le plus exaltant de ma semaine. Je n’étais pas prête à laisser s’évanouir le petit nuage sur lequel je flottais.

Enfin, jusqu’à ce putain de mercredi ! Ce matin, le ciel avait commencé à s’assombrir et d’énormes trombes de pluie s’étaient mises à tomber vers 14 h. J’avais passé une heure à regarder cette pluie malvenue taper à la fenêtre. Ma petite voix raisonnable essayait de me convaincre de rentrer en bus.

  1. C’est un temps à choper la crève.
  2. Tomy ne viendrait jamais courir de ce temps-là.

Même si je la détestais à ce moment-là, il fallait l’avouer, elle n’avait pas tort. Putain quelle poisse !

Pourtant, c’était plus fort que moi. J’ignorais ma sagesse interne et je volais le parapluie de mon collègue. Oh, ça va ! Ne me jugez pas ! Il n’en avait besoin que pour traverser la rue. Moi, j’allais devoir marcher des kilomètres sous la pluie. Il m’était beaucoup plus utile.

Mes pensées me jugeaient avec dédain. Je perdais mon temps, me disaient-elles. Quelles rabat-joie ! La seule chose que je voyais moi, c’était que j’allais devoir attendre une semaine de plus pour le voir. Et c’était énorme, impossible, inimaginable.

Pourtant, il semble bien que je vais devoir me faire à l’idée. Qu’est-ce que je fous là ? Je m’assois sur un banc, mouillant la jupe qui recouvre mes fesses. Les allées qui entourent le parc sont désertes. Je regarde ma montre. Il est déjà 16 h 40. Je ne sais pas ce que j’attends. Il est ponctuel d’habitude. Il ne viendra pas. Et finalement pourquoi j’attends ? Juste pour parler à un homme que j’ai connu au collège ? Bon, il me fait rire et mon corps s’enflamme quand il est là. C’est une réponse suffisante en soi, je suppose. Pourtant, maintenant que la pluie tombe, que le soleil ne m’éclaire plus de ses rayons chauds, je me demande si je ne suis pas un peu folle. Mon conjoint est dans l’appartement que nous avons acheté ensemble. Il m’attend, soucieux peut-être. Et moi, je suis ici, sous la pluie, assis sur un banc à attendre un crush du passé que je connais à peine. Je soupire consciente de la folie de ce que je fais.

Puis, je me lève et tourne la tête vers mes fesses. Trempées ! Évidemment à quoi je m’attendais ? Je crois qu’il est tant que je rentre. Ma voix raisonnable hoche vigoureusement la tête. Je cherche du regard un arrêt de bus quand quelqu’un pose sa main sur mon épaule. Je me retourne. Tomy est là. L’eau dégouline de sa casquette.

— Mais qui vient courir par un temps pareil ? Je lui demande surprise.

Tomy pose les yeux sur sa tenue et arque un sourcil étonné. Il porte un jean et un t-shirt à manche longue trempé qui fait ressortir son torse bien dessiné. Il n’est pas venu pour courir et cette information me provoque un hoquet de joie.

— Mais qui rentre du travail à pied par un temps pareil ? Me répond-il moqueur.

Nos rires résonnent sur la piste vide. Tomy s’approche de moi pour se mettre à l’abri sous le parapluie. Une boule se forme dans ma gorge. Il est si proche d’un coup. Je pourrais poser ma main sur son torse et toucher ses muscles durs. Un frisson hérisse les poils de ma nuque.

— Alors qu’est-ce qui t’emmène par ici, par ce temps ? Me demande-t-il, le regard malicieux.

D’un coup, mon mental s’agite. Des phrases incohérentes défilent dans ma tête : « Pour toi », « j’aime être mouillée », « non, non, j’aime la pluie », « il fait chaud », « non, j’ai besoin d’air », « ah putain ! ». Mais aucune n’arrive à sortir. Heureusement, parce qu’elles sont toutes nulles à chier.

— Tes joues rougissent encore ! Je vais finir par croire que c’est moi qui te fais rougir, ajoute-t-il rayonnant.

— Pas du tout ! Répliqué-je.

« Évidemment que si », pensé-je.

— À d’autres Lola !

Il doit lire dans mes pensées le con ! Ses yeux brillent encore plus que d’habitude. Il savoure l’effet qu’il a sur moi et ma poitrine se serre. Ses doigts s’agrippent à mon menton. Il approche sa bouche rieuse de la mienne et dépose délicatement un baiser sur mes lèvres. Ses yeux ne quittent pas les miens. Il guette ma réaction. Je ne respire plus.

Un sourire s’élargit de plus en plus sur son visage. Des petites fossettes font apparaître le petit démon qui l’habite.

Je me rapproche à nouveau de lui. Je suis moins douce que lui et, pressée, j’écrase ma bouche contre la sienne. Quand sa langue franchit mes lèvres, mon parapluie tombe à mes pieds. Mes bras s’accrochent à son cou. Il vient appuyer ses mains derrière mon dos pour me rapprocher de son torse. Je sens ses doigts s’enfoncer. Il me donne la fièvre.

Nos bouches finissent par se séparer doucement. Il a un large sourire sur les lèvres.

— Non pas que je ne veux pas te voir tremper, mais ce n’est pas cette image que j’avais en tête, me dit-il amusé.

Ma poitrine s’enflamme. Quel coquin !

— Oui, j’ai laissé tomber le parapluie, réponds-je difficilement.

— Oui, tu l’as laissé tomber.

Thomas me sourit.

— Je dois embrasser sacrément bien.

Je lui tape le torse en riant.

— Arrête de te la péter. J’ai connu mieux.

— Je ne me suis pas assez concentré alors, rit-il.

Il s’approche encore plus de moi et jette un regard gourmand sur ma bouche ouverte.

— Je n’ai pas envie d’arrêter.

— Moi non plus, je veux voir si tu peux faire mieux.

Oui, moi aussi, j’ai décidé de le taquiner. Je crois que son petit démon a réveillé le mien.

— Tu es terrible Lola, me dit-il le regard enflammé. J’ai ma voiture pas loin.

Cette fois, je m’arrête totalement de respirer. Est-ce que je ne ferais pas mieux de m’arrêter là ? Mais mon corps tremble de désir. J’ai terriblement envie de suivre Tomy. Sa main vient se poser sur mon cou et un sourire de canaille remonte ses pommettes. Mes doutes disparaissent alors comme neige au soleil.

— Ça y est tes yeux recommencent à briller. Je crois savoir pourquoi. J’ai hâte de les voir brûler.

Ahhhh bordel ! Mon estomac fait un bon et je sens déjà l’excitation monter.

— Je te suis, lui réponds-je sous le coup de l’impulsion.

— N’oublie pas ton parapluie ! Me dit-il en se retournant.

— Ce n’est pas le mien, je l’ai volé.

Thomas bascule sa tête en arrière et rit à gorge déployée. Tout semble léger avec lui.

Sa voiture est garée sur les places qui longent l’allée. Une belle 5 008 grise me confirme que le jeune homme malicieux est devenu un homme. Il ouvre la porte arrière et m’invite à rentrer. Il la referme et nous demeurons immobiles. De l’eau coule de nos vêtements. La pluie tombe bruyamment sur les vitres. Je le regarde. Étrangement, Tomy semble ne plus savoir quoi faire. Ses yeux regardent rapidement autour de lui. Il se gratte le cou. C’est bien la première fois que je le vois décontenancé. Comme s’il en fallait plus pour me faire craquer ! Je m’approche de lui doucement et attrape sa casquette, découvrant ses cheveux. Il passe une main pour les ébouriffer et me regarde de côté. Il veut découvrir mon petit démon ? Ça tombe bien, sa gêne le réveille encore plus. J’approche ma bouche de son oreille.

— Alors on a perdu sa langue Monsieur, lui susurre-je.

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres et maladroitement, il presse sa bouche contre la mienne. Nos nez se heurtent avec violence. Cependant, la douleur n’est rien comparée à la vague immense qui envahit mon bas-ventre. Voilà longtemps qu’un baiser m’avait fait autant d’effet. Je retrouve cette excitation que j’ai perdue. Mon corps hurle de désir pour cet homme venant de mon passé. Son souffle caresse ma joue aggravant mon état fiévreux.

— Je savais que tu étais une coquine, me souffle-t-il.

Il s’est détaché de ma bouche pour venir mordre le lobe de mon oreille. Son sourire espiègle est revenu. Il m’agace d’une façon très réjouissante. Une image terriblement grivoise me traverse. Si je pouvais effacer ce sourire insolent…

— Tu n’as pas encore tout vu, lui réponds-je malicieusement.

La bouche de Tomy s’élargit lorsque mes mains s’aventurent vers son pantalon. Je détache un à un les boutons de son jean et glisse une main à l’intérieur. Mes doigts rencontrent son sexe. Il retient son souffle. Je descends mon visage. Son regard se durcit. Je fais sortir son membre viril. J’admire son sexe fièrement dressé vers moi. Ma main s’enroule autour et un premier coup de langue le fait trembler. Je le goûte d’abord avec lenteur. Tomy a perdu son sourire et l’effet que je lui fais me rend plus gourmande encore. Il me regarde avec sérieux quand j’enfile son sexe dans ma bouche.

— Ohhh bordel ! Souffle t-il rageusement.

Son souffle est devenu lourd. Une de ses mains s’accroche au bord de siège. L’autre attrape mes cheveux et m’accompagne dans mes mouvements. J’accélère au rythme de ses plaintes. Je le suce avidement. Tomy grogne de plaisir. J’ai le contrôle sur sa jouissance et j’adore ça. Puis, il m’éloigne de son sexe, le regard vitreux. Il prend mon menton et à nouveau un sourire éclaire son visage.

— Putain Lola. Adolescent, j’aurais pu me branler pendant des mois rien qu’avec cette image.

Je ris à ce compliment inattendu. D’un coup, son regard redevient sérieux et un rictus d’excitation déforme sa bouche. Il enroule sa main sur mon cou. Je me redresse. Ses lèvres viennent dévorer ma bouche encore empreinte de son odeur. Puis, il m’allonge sur le siège pliant mes jambes vers ses hanches. Il se penche vers moi.

— Maintenant, je vais te faire rougir. J’aime tellement ça.

À ces mots, la chaleur commence à s’installer sur mon visage. Il a posé mes pieds sur ses épaules et ses mains remontent mes jambes. Je retiens mon souffle. Ce que je lis dans son regard enflammé m’absorbe. Ses doigts font le tour du haut de ma cuisse, passant sous ma culotte. Ses dents s’accrochent à ma jambe. Un frisson me fait sursauter et lui déclenche un sourire diabolique. Bientôt, ma culotte glisse.

— Parfaite ! Susurre-t-il tandis qu’il respire mon odeur.

Ce petit diable me regarde avec appétit. Sa main revient sur ma vulve. Il la caresse guettant mes réactions, variant les rythmes et la position de ses doigts. L’électricité envahit mon bas-ventre. Une sensation de plus en plus présente m’agite. Je gémis bruyamment quand d’un coup, il s’arrête.

— Je vais devoir te faire taire.

Tomy regarde autour de lui.

— Je crois qu’on nous a repérés.

Je me redresse rapidement. Jusqu’alors, je n’avais même pas songé au fait que l’on puisse nous voir. Heureusement, il n’y a personne. La pluie épaisse rend déjà à peine visible l’extérieur. Je regarde Tomy le regard assassin. Son large sourire espiègle me confirme qu’il me faisait marcher.

— Tu trouves ça drôle ? M’insurge-je.

Il s’allonge sur moi. Ses deux mains viennent s’appuyer de chaque côté de ma tête.

— Pour être honnête, je ne voulais pas te voir jouir tout de suite.

— Crétin !

Mes dents viennent attraper sa lèvre inférieure. Ses yeux s’écarquillent quelques secondes, surpris par mon geste. Une goutte de sang perle là où je l’ai mordu. Il la lèche. J’ai terriblement chaud. Puis, il se penche vers mon oreille.

— Tu es une vraie sauvage, dis moi. J’aime trop ça.

Un frisson traverse ma colonne vertébrale pour exploser dans ma gorge. Il se colle contre mes hanches. Ses dents dévorent mon cou. Je me cambre pour accentuer nos frottements. Je sens son sexe dur se presser contre ma vulve. Je le veux en moi tout de suite. Je me redresse, retournant la situation.

Tomy se retrouve assis et je grimpe sur lui. Nos souffles sont rapides. Il se trémousse pour descendre son pantalon. Il est impatient et ça me ravit. Il enfile un préservatif et attrape mes hanches. Nos yeux se dévorent attendant la sensation que l’on espère tant. D’un coup, son sexe me pénètre épais. Je le sens me remplir. Un gémissement de satisfaction sort de sa bouche. Il plonge son visage dans mon cou. Puis ses mains soulèvent ma jupe pour s’accrocher à mes fesses. Chaque pénétration provoque des vagues de plaisir dans mon abdomen. Notre rythme est animal. Il n’y a aucune logique dans nos mouvements. Notre désir s’exprime brut. La buée a désormais recouvert les vitres. Sa respiration est bruyante. La tension s’accumule dans mon ventre, mais encore une fois, il m’arrête.

— Putain ce que tu es belle quand tu rougis, Lola. Mais ce n’est pas encore le moment.

Je soupire de mécontentement.

— Impatiente ? Ça ne m’étonne pas, me répond-il avec un sourire sadique.

Il soulève mes fesses et positionne mes pieds sur le siège arrière. Mes bras appuyés sur les sièges avant, mon sexe se retrouve devant son visage.

— Quelle vue parfaite. J’ai tellement envie de te goûter.

À ces mots, sa bouche plonge dans mon intimité. Ma contrariété s’évanouit. Sa langue est si douce. Il me lèche comme si j’étais une glace qui allait bientôt fondre. D’abord avec toute l’étendue de sa langue puis, il fait le tour de mon clitoris avec le bout. Ses doigts me pénètrent à leur tour.

— Tu es délicieuse.

Sa voix, aggravée par l’excitation, provoque une envolée de papillon dans mon ventre. La tension est de plus en plus forte autour de mon sexe. Des sueurs froides parcourent mon dos. Je pourrais noter avec précision chacun de mes poils qui se lèvent.

Tomy se redresse et son regard est terriblement brûlant.

— Maintenant, je vais te faire jouir !

Il redescend mes fesses, vient attraper mes hanches. Son sexe dur me pénètre avec une telle facilité que je pousse un cri de surprise. Je m’accroche au dossier des sièges de devant. Il ramène mes hanches vers lui à un rythme soutenu. Je sens son sexe aller au plus profond de moi, déclenchant un séisme intérieur. Ses doigts encerclent mon clitoris dans une danse folle. Je respire fort. J’ai du mal à retenir mes gémissements.

— Ne te retiens pas Lola. Je veux t’entendre crier mon prénom.

Je perds la tête. Seules les sensations présentes dans mon corps m’ancre à la réalité. Je gémis bruyamment, envahie de toute part par le plaisir.

— Ohhh oui Tomy.

— Tu aimes ça ?

— Oh oui bordel.

Ses mouvements sont de plus en plus énergiques. La tension de moins en moins vivable pour moi. Puis d’un coup, c’est l’explosion. Le plaisir se répartit en moi comme une bombe qui emporterait tout sur son passage. Mes jambes tremblent. Mon cœur menace de sortir. Mon corps frissonne.

— Tu es tellement excitante.

Il accélère ses mouvements en moi, laissant libre cours à ses propres gémissements. Je l’encourage en accompagnant ses mouvements.

— Oh putain, Lola, je viens, grogne-t-il.

Ses yeux se ferment. Son visage se durcit et dans un dernier mouvement de va-et-vient, il jouit en moi.

La voiture embuée, nos souffles courts, l’odeur de sexe qui a envahi l’habitacle… Ces sensations, je les note en secret. Je veux m’en souvenir. C’est ça que je veux putain ! Je me sens enfin en vie.

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