Nouvelles et romances érotiques pour adulte

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Coup de foudre à l'heure de pointe (2)

Partie 2

( Avec les écouteurs sur les oreilles ou pour prolonger le plaisir :

Spotify : playlist "un été à s'étirer" - AG

https://open.spotify.com/playlist/2ewTOyBtmep3rHnfiMPm8u?si=2QivTEm2RKOI_OBg_n2Lng&pi=5aIGr0eBT32a2 )

Mon doigt appuie frénétiquement sur le bouton d’ouverture des portes. Autour de moi, on chuchote.

— Ouvrez-moi putain !

— Ouvrez-lui, demande Nina. Elle se sent mal.

Elle fait des signes au chauffeur et se retourne vers moi.

— Nina, ça va ?

— Non, je veux sortir.

Un nouveau ronflement du bus et les portes s’ouvrent enfin.

— Tu veux que je vienne avec toi.

— Non, Nina. J’ai juste besoin de respirer. Rentre chez toi.

Je descends précipitamment laissant ma collègue derrière moi. Les gens me regardent comme si j’étais folle. Au contraire, je me demande si finalement ce ne sont pas eux les plus fous. La fraicheur pénètre mes narines qui se gonflent, avides de retrouver l’air pur.

— Tu vas faire quoi ? Me crie Nina.

— Je ne sais pas, lui réponds-je alors que les portes se referment.

Le bus tremble et démarre. Je le regarde partir de plus en plus soulagée. La pluie épaisse tombe sur ma tête et pour la première fois, je trouve ça terriblement agréable. Je ferme les yeux. Mon cœur semble rebattre normalement. Je prends une grande inspiration, goûtant la sensation de l’eau fraîche qui coule sur moi comme un liquide purifiant.

Je suis descendue du bus. J’ouvre à nouveau les yeux. La rue est redevenue silencieuse, seulement le bruit de la pluie qui tombe sur le sol goudronné. La rue est déserte. Dans les bâtiments en face, quelques lumières sont encore allumées.

Je suis descendue du bus… Et maintenant. Je me recule pour me réfugier sous l’abri. Est-ce qu’au moins, il y a un prochain bus ? Je me retourne et regarde l’affichage. Prochain bus : 18 h 40. Je suis sortie du bus pour en reprendre un autre ?

— Pouh la la, qu’est-ce que je vais faire ?

LUI

Mon collègue m’expose les chiffres que je lui avais demandés plus tôt dans la journée, mais je m’en fou. Les seuls qui m’intéressent maintenant sont ceux de l’horloge en face de moi. Pourtant, pendant des années, je n’ai pas regardé l’heure. Je partais du bureau pour retravailler chez moi alors peu importait. Aujourd’hui, je suis obsédé par cette horloge. J’ai même pensé à l’enlever pour ne plus la regarder, mais à quoi bon, les moyens de regarder l’heure sont trop nombreux. Mon pied tape nerveusement le sol. Il est déjà 18 h 05 et je commence à ressentir le besoin impérieux de partir.

Il ne m’a fallu que d’une seule fois, une seule occasion de prendre le bus de 18 h 20 pour ne vouloir prendre que celui-là. Deux ou trois minutes de différence, des pas plus rapides, un chauffeur plus clément… Il n’a pas suffi de grand-chose. Depuis ce jour, tous les soirs, je cours. Tous les soirs, j’espère qu’une fois encore, tous ces éléments se coordonnent pour que je la retrouve. Tous les soirs, je laisse mon désir de la revoir aux mains du destin. Pourtant, ça fait presque une semaine que je ne l’ai pas revu, que je loupe ce bus et je ressens un manque immense. Ma vie est toujours aussi pleine : les réunions, les rendez-vous clients, les dossiers à travailler, les budgets à finaliser, mais j’ai l’impression qu’elle est vide. Comme si quelques minutes passées avec elle chaque jour suffisaient à combler ce que le travail n’a jamais pu m’apporter.

— Tu es pressé ? Me demande mon collègue.

— Oui, je suis pressé, suffisamment pour écourter cette conversation.

— Je vois. C’est fréquent ces temps-ci que tu te dépêches de partir. Il y a quelque chose que je devrais savoir ?

Chacun de ces mots m’éloigne d’elle et je ne veux pas démarrer cette conversation.

— Je ne veux pas louper le bus, c’est tout.

Mon collègue me regarde l’air curieux.

— Je vois… Juste une dernière chose alors : le dossier Michelli n’est pas passé. Il faudrait le retravailler. On peut caler une date avant que tu ne partes ?

Je me demande s’il ne fait pas exprès de me retarder encore. Mes collègues sont habitués à me voir toujours disponible pour le travail. Voilà des années que j’y sacrifie mon temps. Je ne peux pas leur en vouloir, mais quelque chose de nouveau est venu bouleverser mon quotidien. J’ai ouvert les yeux et vu à quel point j’avais rempli ma vie par le travail. Maintenant, le désir est venu ébranler mon quotidien. Je la veux. Je veux sa présence. Même si c’est juste pour l’apercevoir, je veux que sa présence me remplisse à nouveau. Je veux ressentir ce que je ressens auprès d’elle. Je ne veux pas que mon cœur batte pour des échéances, mais je veux qu’il batte pour elle. Je ne veux plus courir après le temps et le travail. Je veux courir après elle.

— Tu m’envoies un mail avec tes propositions et j’y répondrai plus tard, réponds-je donc fermement.

— Euh… D’accord.

— Merci.

Je me retourne vers l’horloge : 18 h 13. J’attrape mon manteau rapidement, y fourrant mon smartphone et je sors le pas pressé du bureau. La nuit est déjà là et la pluie tombe à grosses gouttes. Je vais encore être trempé jusqu’aux os et je n’ai pas de capuche ce soir. Je prends une grande inspiration, relève mes épaules pour me protéger un peu de la pluie et je m’élance. J’ai 7 minutes pour y arriver. C’est juste, mais avec un peu de chance, je le rattraperais. La pluie épaisse frappe mon visage et j’ai du mal à voir devant. Un passage piéton passe au rouge et je m’arrête le cœur battant. Les voitures passent rapidement et je profite d’un espace plus grand que les autres pour me faufiler. Un coup de Klaxon m’alerte du danger ou plutôt, un homme énervé se sent assez offusqué de mon audace pour me le faire savoir. Je sais que c’est dangereux, mais l’urgence que je ressens à l’intérieur de moi est plus importante.

Mon cœur accélère encore quand, plus loin, j’aperçois les feux « stop » du bus s’éteindre. Je suis encore trop éloigné pour le rattraper et, malheureusement, il démarre. Je m’arrête quelques secondes essoufflé et déçu. Putain de merde ! Ce soir encore, il est parti en me laissant seul.

Je devrais peut-être retourner au bureau, le prochain est dans 20 minutes. C’est long d’attendre sous la pluie. Je prendrais celui de 19 h. Je me retourne et regarde la route que j’ai déjà faite. Le courage m’abandonne.

Finalement, je remonte le col de mon manteau et continue de me diriger vers l’arrêt. Il faut que je me mette à l’abri et je suis trop frustré pour vouloir retourner travailler. La rue est désormais désertée et je regarde mes pieds tentant en vain de rester au sec. Des flaques de plus en plus grandes se sont formées au niveau des creux du trottoirs. Le tissu de mes boots est gorgé d’eau et j’accélère encore le pas. Je lève les yeux. Une autre personne attend déjà.

Mon cœur s’arrête. C’est elle. Cette femme pour qui je cours après le bus tous les soirs est sous l’abri-bus et me regarde. Je suis tellement surpris de la voir que je m’arrête net. La pluie continue de tomber sur mon crâne, mais je n’y prête plus attention. Elle est là, nous sommes seuls et c’est le principal.

Lola regarde quelques secondes par terre, se mord la lèvre et sert ses poings. Sa réaction redémarre mon cœur. Ses cheveux blonds sont mouillés et plaqués en arrière. Ses grands yeux noisette ressortent avec la lumière des éclairages publics. Elle est encore plus belle à chaque fois que je la vois.

Elle fait un premier pas vers moi stoppant ma respiration. Puis, un deuxième pas la rapproche encore. Son poing droit se desserre et se lève vers moi. Elle attrape mon manteau et me ramène sous l’abri. Mon cœur bat de plus en plus fort alors que ses doigts restent accrochés à mon manteau. Elle ne m’a pas touché, juste mon vêtement. Pourtant, ce contact confirme ce que j’ai ressenti avec elle, cette électricité qui semble nous attirer l’un vers l’autre avec une force immense. Plein de questions viennent alors perturber mon calme intérieur. Est-ce qu’elle est là pour moi ? Dois-je lui parler ou attendre qu’elle le fasse ? Je me décide à agir.

— Merci, Lola, dis-je en esquissant un sourire gêné.

Merci, Lola ? Je n’ai trouvé que ça à dire. C’est vraiment affligeant.

— Comment connaissez-vous mon prénom ? Me demande-t-elle.

— Je l’ai entendu et je l’ai retenu.

Lola semble réfléchir à ce que veux dire cette incroyable mémoire dont je fais preuve. Je comprends. Je me suis posé la même question.

— Je m’appelle Ben… Maintenant, vous connaissez mon prénom aussi.

La femme me regarde avec surprise. Puis ses joues se mettent à rougir fortement. Une grosse chaleur envahit mon cœur.

— Je n’aurais pas pu imaginer que vous vous appeliez Ben.

— Mon prénom vous déçoit ? Lui demandé-je interloqué.

— Non pas du tout, je suis soulagée, me rassure-t-elle.

— Soulagée que je m’appelle Ben ?

— Non…

Lola regarde autour d’elle timide puis plante ses grands yeux dans les miens. Elle me désarme complètement.

— Soulagée de ne pas vous avoir loupé ce soir, Ben.

Mon cœur fait un saut périlleux et mes joues se mettent à chauffer fortement. Je suis surpris par ses mots. Certes, je ressens la même chose mais, je ne sais pas si j’aurais osé le dire avec autant de spontanéité.

— Moi aussi, je suis soulagée.

Un léger sourire se dessine sur son visage. Mes yeux viennent s’accrocher à ses lèvres. L’attirance est de plus en plus forte et incontrôlable. Subtilement, je m’approche d’elle, encore plus proche pour sentir sa chaleur, son odeur. Ma main sort de la poche de mon manteau. Elle s’approche de son visage, mais je n’ose pas la toucher. Je ferme mon poing et la rabaisse.

— J’aimerais t’embrasser pour voir si l’attirance que je ressens est réelle, c’est tellement étrange que j’ai besoin de le sentir dans mon corps, me dit-elle, son regard planté dans le mien.

Lola est pleine de surprises et sa spontanéité m’affole complètement. Une vague d’excitation remonte ma colonne vertébrale. Ma mâchoire se crispe et j’entrouvre la bouche pour laisser passer l’air. Elle mord sa lèvre et ses mains se rejoignent dans son dos. Le temps semble s’arrêter. J’ai son feu vert, je peux l’embrasser et pourtant, j’hésite quelques secondes. Elle m’offrait un moment suspendu dans mon quotidien, quelque chose qui sortait ma tête du travail et d’un seul coup, la peur que ce soit irréel m’envahit. Si l’embrasser gâchait tout et si l’un de nous ne ressentait rien, comment pourrais-je reprendre ma routine d’avant ? Pourtant, je la veux. Je rêve de l’embrasser toutes les nuits depuis que je l’ai vu. Je rêve de la toucher. C’est ça qui me fait courir après le bus tous les soirs. C’est totalement incohérent et pourtant tellement réel.

Mes deux mains s’approchent de son visage et un de mes pouces caresse sa joue. Vu le chamboulement que cela provoque dans ma poitrine, mes questions s’envolent et j’approche ma bouche délicatement de la sienne. Des fourmis envahissent mes lèvres. Mon nez touche son nez froid et nos yeux ne se quittent pas. Un premier baiser me réchauffe le cœur et un deuxième ne tarde pas à suivre. Je prends une grande inspiration comme pour inscrire dans mon corps l’effet qu’elle me procure.

Puis, ma main gauche attrape l’arrière de sa tête et ma main droite vient se placer vers sa cambrure. Je sens mon désir prendre le dessus, m’ôter toute maîtrise. Brusquement, je la repousse contre une vitre de l’abribus. Ma bouche vient s’écraser contre la sienne, mon cœur s’emballe. Elle échappe un petit gémissement qui me fait frémir. J’en ai marre de l’observer. Je veux la sentir me toucher. Je veux que son odeur envahisse totalement notre espace.

À chacune de mes inspirations, j’essaie de la faire pénétrer en moi, de retenir chaque subtilité de son odeur. Ma langue n’en peut plus d’attendre de la rencontrer encore plus intimement. Ses lèvres s’entrouvrent alors et je m’engouffre en elle. Sa langue douce caresse la mienne. Un léger gémissement sort de sa bouche provoquant une nouvelle vague de chaleur dans mon bas-ventre. Mes mains parcourent tout son corps : ses fesses, son ventre, son cou, son visage. Elle se plaque à moi impatiente lorsqu’une de mes mains arrive jusqu’à ses seins. Tous ces vêtements sur elle, toutes ces couches, qui me séparent d’elle, me rendent nerveux et impatient.

ELLE

Je peux sentir sa chaleur et ma chaleur ne former plus qu’un. Je suis absorbée par cet homme qui m’offre son espace comme je lui offre le mien. Je le laisse parcourir mon corps parce que j’en ai envie. J’ai follement envie qu’il me touche, que ses longs doigts parcourent mon corps. J’ai envie qu’il fasse connaissance avec mes courbes avant tout le reste. Nous n’avons pas besoin de parler. Je sais déjà que je le désire et que lui aussi.

Une de ses mains vient desserrer mon écharpe. Je l’aide pour l’encourager dans cette voie. Sa bouche mordille mon menton puis descend sur mon cou. Son souffle profond vient chatouiller mes oreilles, faisant vibrer toute ma nuque. Je tremble légèrement.

D’un coup, un raclement de gorge nous surprend. Une dame vient de se réfugier sous l’abri et nous regarde indisposée. Je me redresse et surprise, je repousse l’homme. Un léger rire sort de la bouche de Ben qui me regarde les yeux brûlants. Je n’avais pas vu son regard jusqu’alors. J’étais bien trop concentrée à ressentir tout ce que je pouvais ressentir. Je détourne mes yeux et remets mon écharpe en place. S’il continue à me regarder ainsi, je ne pourrai plus me retenir. Je m’éloigne encore de lui, regardant autour de moi pour fuir le regard de cet homme qui me fait faire n’importe quoi… N’importe quoi, c’est le mot.

D’un coup, l’angoisse m’envahit. Une sale voix intérieure me sermonne. Pourquoi j’ai fait ça ? J’ai embrassé un homme que je ne connais même pas, juste sur une impulsion. Ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas un comportement normal. La honte m’envahit et vient refroidir mon sang si chaud quelques minutes avant. L’énormité de ce qu’il vient de se passer me saute à la conscience. L’homme semble ressentir mon malaise. Il détourne son regard ce qui me fait plus de mal que de bien. J’ai peur de l’avoir refroidi. Je tente de me calmer pendant plusieurs minutes et déjà, le bus arrive.

Ben se tourne vers moi et m’invite du regard à monter. Je le suis. De toute façon, je ne veux pas le quitter et je dois prendre le bus. Pour aller où ? Chez moi ? Là où je laisse l’obscurité m’empêcher de voir la tristesse de ma vie ? Je balaie ces pensées désagréables.

Assis l’un en face de l’autre, nous n’osons même plus nous regarder, comme si nous étions deux enfants pris à faire une bêtise. Je pourrais en rire, mais à l’heure qu’il est, je suis bien trop occupée à me demander qu’elle va être la suite. Nous restons immobiles quelques secondes et l’homme en face de moi commence à bouger. Mes yeux sont à nouveau attirés vers lui. Je parcours ses lèvres et une vague m’envahit à nouveau. Il passe ses longs doigts dans ses cheveux mouillés et les plaque en arrière. Puis, sa main attrape la fermeture éclair de son manteau qu’il descend légèrement découvrant son cou. Des gouttes d’eau glissent le long de sa gorge. Un léger mouvement fait remonter sa pomme d’Adam et mon cœur s’accélère. J’aimerais déposer mes lèvres sur la peau de son cou, mais je me retiens. Je ne peux pas céder à mes pulsions.

Les joues brûlantes d’excitation, je tourne mon regard vers la fenêtre. Dehors, la pluie est dense et nous apercevons difficilement le paysage. Je repense à la façon dont il s’est figé quand il m’a vu, à l’eau qui tombait sur ses cheveux et à l’immense envie que j’ai ressentie quand il s’est approché de moi. Je l’ai enfin revu et nous nous sommes embrassés. Quelle folle histoire ! L’angoisse d’un quotidien monotone et sans couleur m’a pris à la gorge et je suis descendue de ce bus. C’est grâce à cette angoisse que je l’ai revu. En même temps, c’est l’arrivée de cet homme dans ma vie qui m’a montré à quel point je me noyais. Je ne pouvais plus faire semblant et faire ce pas vers lui m’a rappelé que j’étais vivante.

Je jette un rapide coup d’œil vers lui. Heureusement pour moi, il regarde par la fenêtre également. Son visage de profil me fait pousser un soupir. Il est vraiment beau.

Il se tourne rapidement vers moi. Décidément, je ne sais pas être discrète. Il m’adresse un petit sourire et regarde à nouveau par la fenêtre. Je m’autorise alors à le regarder plus précisément. Ses cheveux bruns, mouillés sont plaqués en arrière. Son regard est sombre. Son nez est légèrement remonté. Ses lèvres sont pulpeuses et son menton est volontaire.

Je sais ce que je veux : lui. Une partie de moi en est consciente et l’accepte totalement. Malheureusement, l’autre partie ne comprend pas ce qu’il se passe et lutte contre l’idée de désirer à ce point un inconnu.

Les arrêts défilent. Le temps passe trop rapidement. Bientôt, j’arriverai à mon arrêt et aucun de nous deux n’est intervenu. Mon cœur bat douloureusement à mesure que l’urgence de parler se fait sentir. Pourtant, je reste encore une fois muette. Ma voix est coupée. Est-ce que je reste dans le bus ? Je ne vais pas le suivre jusque chez lui sans lui demander quand même. J’oserais jamais lui demander. Je regarde l’homme tentant de deviner ce qu’il se passe à l’intérieur de lui. Il se pose peut-être les mêmes questions que moi ou peut-être qu’il s’en fiche. On ne peut pas s’en foutre après un baiser pareil. Si ?

Mon arrêt est le prochain, je me lève légèrement pour atteindre le bouton et l’homme se tourne vers moi. Il me regarde et j’essaie d’y repérer un signe, mais je suis trop confuse. Je lui souris, mais je n’ai pas l’impression de faire passer le bon message.

Mon cœur accélère encore. Je me lève. Je n’ose plus le regarder, car j’ai l’impression de l’abandonner. Je me dirige vers la porte. Je sens sa présence derrière moi. Il est encore temps de me retourner et de lui demander son numéro, s’il veut boire un verre ou n’importe quoi qui fasse qu’on ne se sépare pas. Pourtant, je reste bloquée. Ma peur et ma confusion prennent le dessus. Une secousse indique l’arrêt du bus. Les images de ma triste vie défilent devant mes yeux comme si je me préparais à ce qui m’attendait. La porte s’ouvre. Je prends mon courage à deux mains et me retourne pour voir Ben qui me regarde lui aussi. C’est ainsi que ça va se terminer ? Je tente un deuxième sourire, mais j’ai l’impression de m’enfoncer encore plus.

Dehors, la pluie bat à tout rompre. Je me retourne une dernière fois, il est toujours assis. Qu’est-ce que je pensais ? Je n’ai rien osé. Pourquoi l’aurait-il fait lui ?

La pluie tombe sur mon visage et s’engouffre sous mon écharpe. Il faut que je rentre. Je ferme les yeux, déçue, et me retourne pour prendre le chemin qui me mènera à mon intérieur vide où je serais seule. Même soirée, même rituel, même vie ennuyeuse, tout ça, c’est le prix de ma lâcheté. Derrière moi, j’entends le bus démarrer. Je me retourne pour regarder. Une nouvelle fois, le bus a emporté la seule chose qui a animé mon quotidien morne.

Pourtant, ce n’est pas le bus qui attire mon regard. C’est une grande silhouette aux cheveux bruns et au manteau marron. C’est lui. Mon cœur explose de joie. Il est descendu et s’est immobilisé à l’arrêt de bus. Ses épaules sont remontées et il regarde droit devant lui. Il se demande sûrement pourquoi il est descendu. Il semble si confus. Je le trouve encore plus charmant. Sa vulnérabilité à ce moment-là me trouble énormément. Mon cœur est plus chaud que jamais. Mon angoisse diminue face à cet homme hésitant. Je sais que je le veux et je dois décider, décider de l’accueillir dans ma vie. Je dois décider de faire le pas qui changera tout.

Je me dirige vers lui le cœur battant. Un sourire timide se dessine sur ses lèvres. J’attrape son visage et ramène sa bouche vers la mienne. Je n’ai rien à dire et je ne veux pas parler. Je veux juste lui montrer à quel point, je le désire.

À son tour, il prend mon visage dans ses mains et ouvre sa bouche pour me laisser entrer. Nos langues se mélangent avalant en partie la pluie qui tombe sur nous. Je retire mes mains de son visage et viens les coller sur son torse. Il n’a pas pris le temps de refermer son manteau et l’eau a imprégné ses vêtements. Je peux sentir son torse sous mes doigts et ça m’excite. Il passe ses deux mains dans mon dos et me ramène brutalement contre lui. Mon cœur effectue un saut périlleux. Nous nous dévorons l’un l’autre souvent avec maladresse. Sa bouche dérape sur mon menton. Mes dents vont cogner ses lèvres. Nous soufflons fortement.

Ce baiser est incohérent comme ce qui nous arrive. Toutes nos frustrations et nos angoisses s’expriment dans notre maladresse. Je ne peux me décrocher de ses lèvres, quitte à me noyer. D’ailleurs, la pluie finit par rentrer jusqu’en dessous de mes vêtements, trempant ma chemise. Un frisson immense me traverse alors et Ben s’arrête.

— Je suis désolé, me dit-il le regard perdu. Il faut que tu rentres au chaud.

— Oui toi aussi.

Il acquiesce avec un sourire.

— Je n’oublierais pas cette rencontre, Lola, me dit-il l’air sérieux désormais.

Il s’apprête à partir, mais cette fois, ma décision est claire. Je ne veux plus attendre que le hasard se décide à nous remettre sur la route l’un de l’autre. Je ne veux plus attendre quelque chose qui n’arrivera jamais. Je le veux tout de suite. Je le rattrape, prends sa main et me mets à courir en direction de chez moi. La pluie me bat le visage. Je me sens plus vivante que jamais. Derrière moi, Ben, surpris, me suit, docile.

— Mais où m’emmènes-tu ? Dit-il en riant.

— On va chez moi.

Une nouvelle fois, ses yeux s’écarquillent de surprise.

— Ne t’inquiète pas, je ne vais pas te faire de mal, lui dis-je.

LUI

Lola me fait rentrer dans son logement. Elle m’a emmené chez elle et je n’en reviens toujours pas de son audace.

Sa promesse de ne rien me faire tourne en boucle dans ma tête. Elle me fait sourire. Nous retrouver seuls dans l’obscurité de son logement ne me fait pas peur. Au contraire, cela me donne des idées qu’il vaudrait mieux que j’essaie d’oublier. Aller chez elle n’est peut-être pas l’idée la plus intelligente pour contrôler les pulsions qui m’animent depuis que je l’ai rencontré.

Lola habite un petit appartement au premier étage. C’est un grand T 1 doté d’une immense baie vitrée qui permet de faire rentrer les lumières jaunes de l’extérieur. Un lit contre le mur gauche et un canapé dessine une limite entre le salon et la chambre.

Lola enlève ses chaussures et son manteau trempés. Elle porte une chemise blanche. Elle est mouillée et une lingerie rouge se dessine sous le tissu. Je faillis de m’étouffer devant le spectacle. Mes yeux sont irrésistiblement attirés par ses seins. Je crois qu’elle a lu la gourmandise qu’elle éveille chez moi, car elle baisse ses yeux sur sa poitrine. Elle se retourne rapidement et rentre dans une petite pièce dont la porte donne à côté d’un buffet. Elle en ressort avec deux serviettes et m’en donne une.

— Enlève ton manteau, m’ordonne-t-elle.

J’obéis et me saisis de la serviette. Mon pull est digne d’une serpillière sortant d’un seau d’eau. Un frisson me traverse, mais je ne sais plus si j’ai froid ou chaud.

Devant moi, Lola détache les premiers boutons de sa chemise. Mon souffle se suspend. Elle s’arrête et vient tamponner son décolleté avec sa serviette. Son jean est collé à ses jambes, comme le mien certainement. Mon cœur bat fort dans ma poitrine. Mes reins sont en feu. Lola remonte ses mains vers ses cheveux puis s’arrête pour me regarder. Sa bouche entrouverte est une invitation qui me pousse à me rapprocher d’elle.

Mon torse, agité par la respiration, est à quelques centimètres du sien. Ses yeux, plongés dans les miens, m’interrogent sur la suite. Moi-même, je m’interroge. Maintenant, que je suis chez elle, mon corps me pousse vers elle, impatient. Je veux la sentir contre moi, sentir sa peau glisser sous mes doigts. Pourtant, je ne veux pas la brusquer. Je préfère la laisser décider. Moi qui ai l’habitude d’être pro-actif, c’est étonnant.

Finalement, les lèvres de Lola s’écrasent sur les miennes répondant encore une fois à toutes mes questions. Il n’y a aucune maîtrise dans tout ça, rien de planifier, juste mon désir qui s’abandonne à elle. Loin de ce qui remplit mon quotidien et de ce qui me sécurise d’habitude, je ne contrôle plus rien et j’aime ça. Sa spontanéité me fait sourire et un petit rire m’échappe.

— Je suis désolée, me dit-elle, je n’aurais peut-être pas dû.

— Peut-être ?

Lola regarde autour d’elle gênée et mon sourire se fait plus large encore. Je pourrais la laisser dans l’embarras encore quelques secondes. Ses joues rougissantes et ses yeux ne sachant pas où se poser me ravissent au plus profond de moi-même. Le problème, c’est que cette sensation ne fait qu’attiser mon appétit déjà insoutenable. Je prends son menton dans mes doigts et approche son visage. Mes yeux regardent ses lèvres. Les images de notre baiser sous la pluie sont encore tellement fraîches et la délicieuse sensation qui accompagne ce souvenir me rend dingue.

— J’ai beaucoup de mal à me détacher de tant d’envies depuis que je t’ai vu dans ce bus… Alors quand tu m’embrasses… Dis-je.

Les lumières de la rue brillent dans les yeux de Lola. Elle me regarde silencieuse. Je pousse un soupir, complètement absorbé par cette femme superbe qui me hante depuis deux semaines.

— Quand tu m’embrasses, j’ai beaucoup de mal à me retenir.

Ma voix rauque trahit le volcan que j’essaie de temporiser. Je suis rempli d’une force qui me pousse vers elle.

— Comme si le simple fait de t’avoir vu t’avait rendu indispensable à ma vie.

— Je sais, me répond-elle alors que ses lèvres se posent une nouvelle fois sur moi.

Je me raidis un peu, surpris une nouvelle fois par elle. Puis, je ferme les yeux savourant la pulpe de sa bouche s’appuyer délicatement sur la mienne. Son souffle caresse mes lèvres. La chaleur foudroie ma poitrine à chacune de ses inspirations profondes. Mes mains viennent s’aventurer dans son dos. Mes doigts glissent sur sa chemise mouillée puis sur son jean pour effleurer ses fesses. Je viens attraper ses cuisses pour les enrouler autour de ma taille. Nos bouches se séparent et elle me regarde. Dans l’obscurité et le silence, nous nous observons quelques secondes. Nous ne nous connaissons pas et pourtant, il n’y a plus de gêne. C’est comme si nos corps savaient déjà quelque chose que notre tête ignore encore.

— J’aimerais t’emmener sur le lit, lui dis-je.

Lola acquiesce et je retire un peu maladroitement mes chaussures. Lola et moi perdons quelques secondes l’équilibre, nous faisant rire tous les deux.

— Il ne faudrait pas que tu salisses chez moi, me dit-elle un sourire espiègle sur ses lèvres.

— Je m’en voudrais.

Je pose Lola sur le bord du lit. La lumière venant de la grande fenêtre vitrée dessine son corps dans l’obscurité. Je m’agenouille au sol pour être à sa hauteur et glisse ma main derrière sa nuque. Nos bouches s’unissent tendrement. La pluie bat sur la fenêtre.

Mes doigts s’emmêlent dans ses cheveux mouillés. Ma bouche rejoint sa mâchoire puis son cou humide. Elle a l’odeur de la pluie et le goût du sel. Lola attrape ma tête et me ramène à sa bouche. Ses mains parcourent mes bras et elle attrape mon pull et mon t-shirt.

Ce sera donc la première à me déshabiller. Je lève mes bras et la laisse me retirer mes vêtements alourdis par l’humidité. Ils atterrissent par terre dans un bruit lourd. Lola regarde mon torse et mes joues chaudes trahissent l’émotion que cela me procure. Elle descend du lit pour venir s’asseoir sur mes genoux.

J’appuie sur son dos pour accentuer le contact de sa chemise sur mon torse. La satisfaction me fait expirer fortement.

En vérité, je brûle carrément de la toucher. Mes doigts attrapent les boutons de sa chemise libérant petit à petit sa peau. Le dernier bouton saute. La peau glacée de son ventre contraste avec mes mains chaudes. La dentelle du sous-vêtement est elle aussi mouillée. Je remonte sur la peau moelleuse du haut de son sein et j’attrape le haut de la chemise pour lui retirer.

Je meurs d’envie de sentir la chaleur de sa poitrine contre moi. Je caresse son épaule et descends dans le dos. L’arrière de son soutien-gorge est dans mes doigts. Je le dégrafe et sa poitrine se libère. Je souffle de plaisir alors que je passe ma main sous son sein chaud.

— Nous sommes à égalité, lui dis-je la voix enrouée.

Assise sur moi, Lola est si proche. La lumière de l’extérieur se reflète sur les grains de sa peau.

Attentif aux réactions de Lola, je laisse ma main remonter doucement de son ventre à ses seins. D’abord, ma main droite en attrape un et les pupilles de Lola s’écarquillent. J’ouvre la bouche prenant de grandes quantités d’air pour calmer mon agitation. Mon sexe durcit.

Mon pouce vient effleurer son téton qui se dresse. Lola pousse un soupir fascinant. Son regard devient plus profond et plus lointain. J’appuie son dos sur le lit pour rapprocher ma bouche de ses seins. Ma langue titille son téton, goûtant la douceur de sa peau. Ses petits gémissements amènent encore plus de sang dans mon sexe. J’en veux plus.

Je la soulève pour la rasseoir sur le lit, mais Lola m’arrête. Elle sait ce qu’elle veut et ça va me rend dingue. Elle pose ses doigts sur mon menton et se lève. Ses mains parcourent mon torse. Ses yeux gourmands chatouillent mon excitation et je me raidis.

— Détends-toi, je te l’ai dit, je ne vais te faire aucun mal, me sort-elle.

Lola lèche mon torse, absorbant l’humidité qui collait à ma peau. Ses petits coups de langue sont comme une délicieuse torture. Sa langue s’attarde sur mes tétons et je sers le poing. Puis ses mains viennent caresser les muscles tendus de mes bras. Sa bouche embrasse mes épaules, mon dos, ma nuque. En même temps, ses mains descendent sur mon torse. C’est comme si je pouvais la sentir partout sur moi.

Elle s’approche de mon jean. Mon souffle se suspend. Mon cœur s’accélère. Lola détache le bouton le plus haut de mon pantalon. Puis, c’est au tour du deuxième, du troisième et du quatrième. Une main s’engouffre. Elle a posé son front sur mon dos et je peux sentir son souffle sur ma peau. Sa main vient se poser sur mon sexe. Un léger gémissement m’échappe. Elle l’encercle explorant mon membre de ses doigts agiles. Chacun de ses mouvements provoque une vague chaude dans tout mon corps. Mon imagination s’emballe et j’imagine la chaleur de son sexe m’encercler entièrement. Cette image me rend dingue. Je me retourne et viens prendre violemment la bouche de Lola.

— Tu m’excites tellement, grognè-je à son oreille.

— Je…

Lola n’a pas le temps de finir sa phrase que je la soulève pour la faire tomber sur le lit.

— À toi de te laisser faire.

Mes lèvres goûtent chaque centimètre de sa peau : sa mâchoire, son cou, entre ses seins, son ventre. Je continue jusqu’à son jean que je détache et retire précipitamment. Une petite culotte en dentelle rouge recouvre l’endroit que je convoite. Je souris et lui retire. Lola se cambre m’offrant une vue splendide sur son sexe. Je pose mes genoux au sol et ramène mon visage vers ses cuisses. Je parcours avec ma langue l’intérieur de ses jambes. Je la mordille et Lola se tortille. Je n’ai pas atteint son sexe que déjà, elle gémit. Savoir que j’en suis l’origine m’excite. Ma langue arrive vers la chaleur de sa vulve et je la goûte comme un fruit délicieux.

Mais je me redresse, décidé à la regarder jouir. Ma main vient se poser sur son sexe. Mon index et mon majeur explorent ses lèvres à la recherche de ce qui la fait gémir. Mes doigts rencontrent son clitoris et sa réaction est immédiate. Je tourne autour, le touche et le caresse. Je m’en éloigne et m’en rapproche. Je joue avec son sexe au rythme de ses réactions. Parfois, je pénètre dans son vagin et je me dis que le paradis doit avoir cette chaleur.

Je suis complètement absorbée par son visage qui se contracte et se décontracte. Sa main droite est montée sur son sein qu’elle caresse. Je l’imagine seule se toucher et penser à moi. Une vague brûlante traverse ma poitrine. Sa façon de se mouvoir sous mes doigts m’encourage à continuer de plus belle.

Elle est tellement belle, abandonnée à ses sensations. Elle se cambre encore davantage. Mon autre main est accrochée à sa jambe et je peux sentir son tremblement. Son excitation monte crescendo comme la chaleur qui se diffuse dans mon cœur. D’un coup, elle se fige et gémit.

Un râle m’échappe libérant une partie de la tension qu’elle provoquait. Une envie irrépressible me pousse à la prendre dans mes bras. Je serre la femme nue avec force comme si je voulais me fondre en elle. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été autant connecté à mes sensations et à celle d’une autre. Une vague d’émotion m’envahit. Je ne veux plus jamais la lâcher des yeux.

— Tu vas bien ? Me demande-t-elle.

Je me redresse un peu pour la regarder. Ses yeux éclatants me scrutent. Je prends son visage dans mes mains.

— Tu es la plus belle chose que j’ai jamais vue, lui réponds-je.

ELLE

Ses yeux profonds dans les miens, je ne sais plus vraiment où je suis. Je suis comme absorbée par lui, comme la première fois qu’il m’a regardé. Ses yeux sont comme deux trous noirs qui chaque fois m’aspirent, mais je ne m’y perds pas. Au contraire, j’y retrouve toutes mes couleurs.

Ce soir, ses deux pupilles ont une lueur particulière. Elles me disent à quel point, il a envie de moi. Je rapproche mes lèvres des siennes et il m’accueille avec lenteur dans la chaleur humide de sa bouche. Je sens son torse se coller à mes seins et mes mains attrapent ses cheveux. Les siennes parcourent mon dos laissant une douce sensation sur leur passage.

Ne décollant pas nos bouches l’un de l’autre, nous essayons maladroitement d’enlever son jean. Un petit rire m’échappe tandis que je le descends avec mon pied. Ben rie également et il finit par se libérer de son pantalon et de son caleçon. Il se redresse et enlève ses chaussettes. Je me redresse à mon tour, admirant cet homme magnifique assis dans mon lit dans le plus simple appareil. Il y a quelques jours encore, je l’imaginais à cet endroit. Cette idée me semblait si stupide et pourtant, le voilà. Les lumières dorées de l’extérieur font ressortir chacun des muscles sculptés de son torse et de ses bras. Son sexe se cache dans l’obscurité entouré de ses deux jambes musclées. Il passe la main dans ses cheveux pour les remettre un peu en place puis me regarde d’un air sombre.

— Tu es sûr de vouloir aller plus loin ? Me demande-t-il.

— J’en meurs d’envie.

Je me retourne et ouvre le tiroir de ma table de chevet pour en sortir un préservatif. Un sourire en coin anime le visage de Ben. Je m’approche de lui et sa mâchoire se crispe. Je retire le préservatif de son emballage et approche ma main de l’obscurité à la recherche de son sexe. D’abord, mes doigts touchent son gland et un gémissement sort de la bouche de Ben. Puis, je l’encercle de ma main et il renverse sa tête en arrière.

— Mmmmmhh, murmure-t-il.

Je pourrais enfiler le préservatif maintenant, mais je me régale de le caresser et de sentir naître son plaisir sous mes doigts. À chaque fois que ma main descend, un sifflement sort de sa bouche. Une vague d’excitation plus forte m’invite à continuer. J’accélère mes mouvements. Ses bras se raidissent. Ses muscles se gonflent. Son corps se contracte et je le trouve magnifique.

Brusquement, il attrape ma main pour m’arrêter. Ses yeux écarquillés sont revenus sur moi. Ses narines sont gonflées et il vient porter mes doigts à sa bouche. Il y dépose un léger baiser.

— Je t’en prie, arrête.

Ses yeux suppliants me regardent, mais au lieu de me calmer, ils affolent totalement mon excitation. Je me rapproche de lui et dépose un baiser sur ses lèvres.

— En fait, je ne suis pas du genre à obéir.

LUI

Sa réponse me surprend et mon cœur s’arrête quelques secondes. Ses yeux me regardent provocants. Elle est si pleine de vie et d’audace. Je ne respire plus dans l’attente de ce qu’il va se passer. Je suis suspendu à ses lèvres qui descendent sur mon torse. Elle me donne des petits coups de langue et je menace de me perdre totalement. Sa bouche descend encore plus. Je sers mes abdominaux, excité par ce qu’elle s’apprête à faire. Un premier coup de langue sur mon gland me fait frissonner de plaisir. Puis, c’est sa bouche entière qui entoure mon sexe. Je m’abandonne complètement à mes sensations : la douceur de sa langue qui voyage sur ma queue, la chaleur de sa bouche qui m’entoure, le bruit de succion…

— Hannnnnnn, putain Lola.

Je bascule ma tête en arrière. Le plaisir est intense. Ses mains viennent s’aventurer sur l’intérieur de mes cuisses déclenchant de nouveaux frissons. Sa langue tourne autour de mon gland. Je me mords la lèvre. Me retenir devient de plus en plus compliqué. La tension s’accumule dans mon entrejambe.

— Je ne vais plus pouvoir me retenir, grogné-je.

Lola se redresse et me regarde souriante. Ses mains viennent continuer de stimuler mon sexe. Elle s’approche de moi, embrassant mes lèvres. Ma main s’approche de son sein et je l’attrape fermement. Mon corps se crispe. Je ne peux plus rien contrôler et j’éjacule dans une vague de plaisir intense.

Un mouvement à côté de moi me réveille. J’ouvre les yeux : la lumière jaune, le canapé en face, le lit où je suis allongée et elle… Lola. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas endormi à côté d’une femme. Sa joue est posée sur l’oreiller et sa bouche est entrouverte. Elle a l’air paisible. Je caresse sa joue et dépose un baiser sur son front. Je n’en reviens toujours pas de l’avoir rencontré. Dès que je l’ai vu, elle a bouleversé mon quotidien, mes croyances. Elle a bousculé mes habitudes et m’a révélé à quel point j’étais seul.

Avec elle, mon cerveau ne fonctionne plus. C’est tout mon corps qui s’exprime, secouant tout ce que je croyais savoir auparavant. Nos corps se sont parlé comme s’ils se connaissaient depuis longtemps. Je regarde l’heure : 5 h 24. Bientôt, le quotidien reprendrait : les dossiers à traiter, les demandes des collègues, les rendez-vous, etc. Hier soir, Lola et moi, nous sommes endormis dans les bras de l’autre, épuisés par le plaisir que nous nous étions apportés. Nous ne pensions pas qu’un nouveau jour commencerait et qu’il nous ramènerait à la réalité.

Une main se pose sur mon épaule et mon cœur se chauffe à nouveau.

— Tu penses à quoi ? Me demande Lola.

— Je pensais que les journées allaient reprendre leur cours.

— Ouais… Chaque jour se suit et se ressemble.

Je me tourne vers elle et plonge mes yeux dans les siens. Elle est nue sous le drap et ses cheveux en bataille tombent sur son front. Je repousse une de ses mèches et l’approche pour déposer un baiser sur ses lèvres. Elle me sourit.

— Avant de te rencontrer, je me noyais dans ma routine, ajoute-t-elle. Avec toi, j’ai enfin eu le courage de prendre une décision et tu es là, dans mon lit.

Un rire m’échappe et les yeux de Lola s’illuminent.

— On a plein de choses à vivre, comme se découvrir par exemple. En-tout-cas, je ne laisserais jamais toutes ces couleurs partir de ma vie. Et toi ?

Au fond, je comprends ce qu’elle veut dire. La découvrir va être un magnifique chemin qui m’excite énormément. Je la repousse et l’allonge sur le lit. Je me mets au-dessus d’elle et lui murmure à l’oreille.

— Jamais.

ELLE

Je suis à peine réveillée et déjà son souffle chaud murmurant à mon oreille fait réagir mon corps. Des papillons envahissent mon bas-ventre. Mon cœur s’accélère. Ben est nu sur moi. Le jour n’est pas encore levé et j’appuie ma tête sur l’oreiller. Sa bouche rejoint la mienne avec tendresse. Je ne veux plus le laisser partir.

Une de ses mains s’appuie à côté de ma tête et l’autre vient parcourir mon corps. Il commence à toucher mon sexe, installant une douce chaleur dans mon bassin. Il me regarde attentivement. Sa bouche entrouverte esquisse un léger sourire. Son souffle s’accélère à mesure que mon plaisir grandit. La sensation entre mes cuisses devient de plus en plus grande. La chaleur s’est transformée en une démangeaison qui atteint son paroxysme. Elle envahit toutes mes hanches avant d’exploser dans tout mon corps.

— Bonjour, me dit-il un sourire aux lèvres.

— Est-ce comme ça que tu dis bonjour ?

— Avec toi, oui.

Je ris et attrape Ben pour l’embrasser fougueusement.

— Cette fois, je ne me contenterai pas de ça. Je veux te sentir en moi, lui dis-je.

L’homme se redresse et me regarde amusé. Il tend sa main vers le tiroir de ma table de chevet, fouille l’intérieur et en ressort un préservatif l’air triomphant. Je le laisse l’enfiler, observant ses gestes rendus maladroits par son empressement.

Il n’a pas le temps de se pencher sur moi, que déjà, je l’ai allongé sur le dos. Son regard est brûlant et me fixe impatient. Je vais chercher son sexe dur et l’enfonce en moi doucement. Ben m’offre un râle de satisfaction à la hauteur du mien.

Je lui ouvre les portes de mon intimité, accueillant toute sa virilité en moi. Puis, j’ondule sur lui lentement. Il inspire en ouvrant la bouche en grand, ferme les yeux et se mord la lèvre. Ses mains viennent attraper le rebord du lit. Ses biceps se contractent. Il jette sa tête en arrière alors que j’accélère mes mouvements.

Mon cœur brûle de le regarder. J’amène son sexe à se mouvoir en moi comme je le désire. Une douce chaleur m’envahit et des contractions se répandent dans tout mon ventre.

Je m’arrête essoufflée et il redresse son torse. Sa bouche s’écrase contre la mienne. Sa langue agitée me rencontre. J’ai l’impression que je ne pourrais plus jamais m’arrêter de l’embrasser.

J’entoure son bassin de mes jambes et recommence à onduler sur lui. Nos gémissements se mêlent à notre salive. J’apprécie de sentir sa chaleur pénétrer ma bouche. Ma poitrine se colle à son torse. Une de ses mains vient prendre un de mes seins et nos baisers se font plus doux. Son autre main se pose sur ma fesse accompagnant lentement une pénétration plus profonde. À chacune d’elles, une vague de plaisir s’étend dans mon bassin.

Il recule son visage, séparant nos bouches et ouvre ses yeux fiévreux. Ses deux mains se placent maintenant sur mes hanches. Son regard sombre se plonge dans le mien. Ses mains m’accompagnent pour accélérer le rythme. Je m’accroche à ses épaules. Son regard est devenu sérieux. Ses sourcils sont froncés. Ses pupilles sont noirs. Sa bouche est ouverte et l’air siffle à travers ses dents serrées. Son expression nourrit de plus belle l’immense fébrilité qui m’envahit. Mes mouvements sont de plus en plus secs, de plus en plus intenses. La chaleur et un fourmillement délicieux envahissent mon bassin. Il gémit fortement et je me laisse emporter dans une explosion intérieure.

LUI

Les chiffres défilent sur l’écran de mon ordinateur. Je les ai tellement regardés qu’ils commencent à se mélanger. Je cligne des yeux tentant de remettre de l’ordre dans ce défilé de nombres. Mes doigts pianotent sur le bois noble de ma table. Les bruits secs rompent le silence de mon grand appartement. Je soupire et recule sur mon siège. Je ne trouve pas la ligne qui fausse tout le prévisionnel et ça m’agace fortement. Le Bip significatif de mon micro-onde me fait sursauter. L’odeur de nourriture envahit mes narines. Je ne l’avais pas remarqué jusqu’alors. Je me pince le nez pour faire disparaître le mal de tête qui commence et je jette un coup d’œil à l’extérieur. La nuit est déjà tombée, mais ce soir, il ne pleut pas encore. La lumière jaune habituelle éclaire le vieux quartier et me ramène à mes souvenirs.

— Tu penses à quoi ? Le plat est chaud.

Sa voix me fait sursauter et je me retourne. Lola se dirige vers moi. Elle a enfilé un de mes t-shirts et porte mon tablier. Un tablier que je n’avais encore jamais utilisé, trop occupé à travailler plutôt qu’à cuisiner. Elle se penche sur mon ordinateur l’air suspicieuse.

— Mmmmmhhhh, tu dois loucher à force de regarder tout ça ?

Un rire m’échappe. Je me redresse, j’attrape ses hanches et l’assois sur ma table en bois. Je l’embrasse passionnément. Je l’avais rêvé assise sur cette table et la voir là me fait toujours autant d’effet.

— Mais… Et ton travail ? Nous interrompt-elle.

Je dirige ma main vers mon ordinateur et d’un geste rapide referme l’écran.

— On s’en fou. Ça attendra demain. Pour l’instant, c’est de toi que j’ai envie de m’occuper.

Lola rie avant de me ramener vers sa bouche. Les premières gouttes de pluie viennent frapper à la fenêtre, un bruit familier qui désormais me ramène à une nuit qui a changé toute ma vie.

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