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Les Échos du Manoir - Partie 3

Environ 1h10 de lecture

Lola a trouvé un travail dans une attraction. Elle qui n'aime pas avoir peur, elle va découvrir que la peur peut être parfois grisante.

( Avec les écouteurs sur les oreilles ou pour revivre l'histoire après:

Spotify : playlist "Les Échos du Manoir" - LadyLola

https://open.spotify.com/playlist/7rcMTqH3y2BJgA70Zl4u7m?si=jti2uTklSlC2mJE-wiMbBw&pi=RXDb9BEUSA2r_ )

Un éclair frappe le ciel comme pour accentuer ce moment terriblement affolant. Je le regarde les yeux écarquillés pris entre la peur et la sensation étrangement délicieuse de sentir sa chaleur contre moi. Il lâche un de mes bras et vient soulever mon menton avec ses doigts.

« Si tu cherches vraiment à te mettre en danger… » me souffle-t-il. Il s’approche davantage et son nez vient s’approcher de mes cheveux. Il prend une grande inspiration et d’intense tourbillon électrise mon corps. « la lune t’aidera à trouver ta réponse. » Il s’est redressé un peu pour plonger ses yeux dans les miens. Son nez me touche presque et mon regard détaille ses lèvres comme complètement hypnotisée. « Mais il vaudrait mieux que tu sois prête. »

Mon coeur frappe violemment ma poitrine. Yann relâche mon autre bras, son visage s’éloigne du mien. Il secoue la tête et se retourne pour disparaitre dans l’obscurité.

« Ohhh merde ! »

Mes yeux grands ouverts regardent affolés autour de moi. La lumière transperce à travers les volets. Mon coeur palpite dans ma cage thoracique. La sueur coule sur mon front. Mes joues sont rouges. Ma culotte est trempée.

Je me tourne vers mon réveil : 11h !

« Déjà ?!!!! »

Un nouveau sursaut me fait sortir de mon lit et je file sous ma douche. Le jet d’eau coule brûlant sur mon crâne et mon rêve revient en flash.

Je suis dans une vieille chambre ; je vois mon reflet dans un vieux miroir; je sens quelqu’un derrière moi; les yeux de Yann me parcourt; son souffle m’envahit; puis des yeux menaçant me regarde ; un homme m’épie et me poursuit ; je suis enfermée dans le portrait de la jeune fille; je déchire le papier, je veux sortir; je hurle mais impossible de m'extirper.

Ma main se pose sur la paroi de douche et je cherche le mitigeur. Je le tourne et l’eau devient de plus en plus froide. Mes tétons pointent sous le froid et la peur passée, une forte excitation prend le dessus. La réminiscence de ses mains sur mon corps électrise tout mon corps. Mais quelle main? Il ne m’a jamais touché et pourtant, c’est comme si je me souvenais qu’il l’avait fait. Je suis confuse mais terriblement excitée.

Mes doigts s’approchent impatients de mon sexe qui est déjà lubrifié. Je ferme mes paupières et ses yeux me regardent. Il ne bouge pas mais ses yeux me parlent, m’invite à accentuer mon toucher, à accélérer mes mouvements.

Je me sens étourdie par sa présence. Il ne me touche pas, il n’a pas besoin, je sens ses mains sur mes seins, sur mes fesses, sa langue qui me parcourt. Mes jambes se mettent à trembler et un courant électrique gigantesque me parcourt le corps m’offrant un soulagement immédiat.


Evidemment, c’est encore en retard que je suis arrivée au travail ce midi. J’ai eu le temps de manger et je me suis dépêché de me changer.

Aminata était déjà partie rejoindre notre poste et n’avais pas loupé de me rappeler que je devais arriver à l’heure, que ce n’était pas la première fois, qu’elle savait que c’était pas une bonne idée de m’embaucher… bla bla bla. J’ai pas tout compris mais il faut dire que j’écoutais à moitié.

Je traverse donc les étages en essayant de me dépêcher un maximum mais je sens bien que je me traine. J’essaie de mettre de la clarté dans ma tête mais c’est comme si j’étais envahie par l’atmosphère du lieu qui ce midi me parait si familier. C’est comme si le temps ne comptait plus et j’avance dans les couloirs glauques du manoir comme un automate.

Je me hurle intérieurement de me dépêcher ... en vain. Mon esprit semble prisonnier d’un corps qui ne veut pas réagir.

Je descends les escaliers et mon regard est attiré par le portrait après l’escalier. Cet homme au regard méprisant qui semble surveiller chacun de mes gestes. Le coeur palpitant d’angoisse, je m’agenouille et touche du bout des doigts le visage crasseux sur la toile.

L’homme qui m’épie et me poursuit dans mon rêve, c’est lui. J’ai le tournis. Je pose ma main sur mes yeux pour remettre de l’ordre. Une voix étrange semble résonner autour de moi.

Tu me déshonores…

Il est encore là. Jamais il ne cessera de me poursuivre. Je sais ce qu’il lui a fait. Mon coeur palpitant, je me détourne de ses yeux accusateurs et je me lève songeuse. Les murs imprégnés de sa présence m’effraient autant que s’il pouvait encore m’atteindre… d’ailleurs le peut-il?

Ses grands yeux bleus m’empoisonnaient de l’intérieur, je me les remémore continuellement.

Il avait compris, il avait su, jamais rien ne restait secret dans ce Manoir. J’attendais nerveuse le moment où il viendrait déverser sur moi sa sombre colère.

Et lui, qu’allait-il advenir de lui? Quelle souffrance lui infligerait-il? Quel tourment lui ferait-il subir? Je voulais qu’il fuit, qu’il parte loin. Je voulais que l’on fuit ensemble mais…

« Lola ? » Devant moi, Lucia me regarde et me sert le bras. « On se demandait si tu ne t’étais pas perdue avec Aminata. Tu vas bien? Tu es toute blanche. »

Je secoue ma tête étourdie et je regarde autour de moi.

« Oui je crois. J’ai l’impression d’avoir fait un malaise. »

« Ici? Ah merde. Qu’est-ce que tu faisais devant le portrait de M. Moransi? »

Je regarde effrayée ma main posée sur la toile poussiéreuse et je la retire rapidement.

« Je ne sais plus…j’ai l’impression de le connaître. »

« Tu sais Lola… » Lucia a posé une main sur ma joue qu’elle caresse tendrement « il nous l’avait dit quand il t’a embauché. »

« De quoi tu parles? » lui demandè-je.

« Je ne sais pas si c’était une bonne idée. Tout ce qu’il se passe ici et toi… »

« Moi? Mais quoi moi? »

« C’est fou comment tu lui … »

« Comme quoi? »

Mon ton est plus sec et je prie vigoureusement ma collègue de m’en dire plus.

« Tu sais la jeune fille qui est morte, il y a plusieurs années? »

« Oui je connais l’histoire. »

« Tu lui ressemble tellement, c’est fou. »

Un violent coup frappa mon coeur. Je le savais, je l’avais vu moi-même mais il était plus simple de l’ignorer.

« Oui, c’est vrai… » dis-je quand même.

« Tu l’as vu toi aussi? » me dit Lucia surprise.

« Oui j’ai lu des articles sur elle et le portrait du deuxième étage… »

« Oui le responsable a trouvé très drôle de t’embaucher et de te faire porter pratiquement les mêmes vêtements qu’elle portait dessus. Enfin comme moi…Quel crétin! »

Lucia me releva doucement et me prit les mains.

Les images des choses que j’ai vécu ses derniers jours me revenaient sans cesse en boucle dans ma tête.

« Ça fait longtemps que je travaille ici. Je sais ce qu’elle peut faire, elle a aussi essayer avec moi mais je ne lui ressemble pas assez. Mais toi…»

Mon coeur se mit à battre rapidement dans ma poitrine - Qui c'est elle? ; qu'est-ce qu'elle peut faire? ; qu'est-ce qu'elle à essayer? J’attendais effrayée la suite de ce qu’elle avait à me dire.

« Eh les filles dépêchez-vous! » nous surprend alors une voix grave.

Adrien nous fusille du regard.

« Je vais te chercher quelque chose de sucré. File à ton poste, je te l’apporterais. »

Lucia a vite fait de partir et je me retrouve seule encore un peu déboussolée.


J’ai passé l’après-midi à imiter le fantôme d’une jeune femme qui me ressemble énormément et ... je ne sais pas puisque je n’ai pas eu la suite de l’histoire à cause d’Adrien que je maudis avec force.

Quelle vaste blague tout ça!

Je me suis même demandée si ce manoir ne rendait pas fou tout ceux qui y travaillaient - pour moi, en tout cas, cela semble plutôt bien parti. Je suis prête à signer moi-même le document pour me faire enfermer.

Cette Augustine, son histoire, les bruits étranges, les fantômes, cet épouvantail semblant sortir de mes fantasmes les plus sombres, les employés possédés par ce lieu et Yann, son regard, cette irrésistible attirance … y a de quoi devenir dingue.

Mon désir de garder ma santé mentale devrait me donner envie de fuir plus que jamais mais pourtant… je ne peux pas rester sans savoir, sans comprendre, sans découvrir ce qui est à l’origine de tout ces bruits étranges et donc de ces soi-disants fantômes… oui soit-disant, parce que je l’ai décidé, j’ai décidé que cela ne pouvait pas être des fantômes.

Certes, il semblerait que je ressemble à cette jeune fille retrouvée démembrée, oui peut être mais ce n’est que pure coïncidence ou une blague pas drôle du responsable ... juste ça. Quant au reste : simple construction de mon imagination, certainement empirée par mon manque de sommeil et par la manifestation d’employés modèles qui joue leur rôle à la perfection.

Toute l’après-midi, je tente de faire revenir mon intelligence et d’activer mon cerveau pour réfléchir à un moyen de découvrir rapidement ce qu’il se passe ici et de pouvoir potentiellement fuir après.

Benoit a particulièrement insisté pour ne pas qu'on aille dans l’aile ouest et sous ses airs de vouloir nous protéger, je sens que quelque chose se trame de potentiellement intéressant. Il était vraiment trop vindicatif, il cache quelque chose, quelque chose qui pourrait expliquer ces bruits étranges.

Quant à Yann, il n’arrête pas de me revenir en tête : ses yeux, sa chaleur, le t-shirt qui collait à son torse sous la pluie fine de la nuit… rhhhaaa pas ça!

« La lune t’aidera à trouver ta réponse », voilà ce qu’il m’avait dit hier soir et ce qui était important aujourd'hui.

Qu’est-ce que cela signifie et en quoi ça peut m’aider? Je l’ai maudit lui aussi. Comme s’il ne pouvait pas être plus clair, « tu tourne à droite, puis tu prends la troisième porte à gauche, etc. »

Evidemment non, qui est vraiment clair dans ce château? C’est comme si les employés avait été recrutés parmi les personnes les plus énigmatiques, enclin à se faire posséder par le lieu et à lui dévouer un culte sans faille. Ou alors ils sont tous fous - beaucoup plus probable. Ça expliquerait pourquoi, ils travaillent ici toute l’année.

Bref… je sens bien que mes pensées cherchent quelque chose que je n’aperçois pas encore.

La journée de travail arrive à sa fin et je soulève la barrière pour libérer les derniers clients quand leur échange m’interpelle.

« Putain le loup, je m’y attendais pas. J’ai cru qu’enfin c’était la fin et Bam! Il est apparu. » raconte un homme.

« Tu as crié comme un bébé! » rigole une femme.

Je m’immobilise concentrée sur mon cerveau qui assemble enfin les pièces du puzzle : le loup - il n’est pas au deuxième - que ferais un loup dans un château? non il est dans le cimetière - dans le cimetière où il hurle à la mort car c’est un loup-garou - il hurle à la mort devant la pleine lune - Putain la lune, au premier étage dans le cimetière.

Aminata me tend la main chargée d’un spray et d’un chiffon que je récupère avec automatisme. Je me penche sur le siège pour frotter mais ma tête est ailleurs. Cette énorme représentation de la lune marquerait-elle l’aile ouest?

« On y va Lola. » m’interrompt Aminata qui apporte une importance à la ponctualité même quand il s’agit de rentrer chez soi.

« Allez-y, je vous suivrais. » réponds-je.

« Ne fais pas n’importe quoi. » me rappelle Aminata.

Mais ses mots n’ont pas d’importance, je m’en fou, je suis décidée. J’ai bien trop laissé mon imagination prendre le dessus sur la réalité. Je lui souris poliment pour la rassurer et la regarde partir.

Ce soir, j’aimerais qu’une chanson puisse accompagner ma détermination. Un truc plein d’énergie digne de l’héroïsme dont je vais faire preuve. Je pose mon spray et mon chiffon puis me redresse fièrement prête à braver ma peur.

Comme tous les soirs, le couloir sale du premier étage est vide mais cette fois je n’irais pas jusqu’à l’escalier qui mène au deuxième étage. J’avance donc jusqu’à la porte qui se trouve vers les vieux sièges et j’ouvre pour accéder au décor de cimetière.

Ce soir, les bruits sont bien présents et je perçois clairement un grincement sinistre. Un cri de femme étouffée parvient à mon oreille assez nettement et déjà, je me raidis. Fucking détermination ! Elle m'emmène vraiment à faire des choses impossibles! Mais, je suis sur la bonne voie, ce n’est pas le moment de flancher.

J’inspire doucement ramenant un semblant de calme dans mon corps et j’avance jusqu’à la prochaine tombe.

Un grognement m’immobilise une nouvelle fois.

Je tourne ma tête de chaque côté à la recherche de la provenance de ce bruit. Devant moi, les rails et autour de moi un cimetière plus vrai que nature. Je peux ressentir la lourdeur du lieu, l’obscurité semble envahir chaque recoin. Je suis étourdie, des images étranges envahissent ma mémoire.

Je revois les yeux sévères du portrait de l’homme me regarder, mon coeur s’accélère. Je secoue la tête et me concentre sur ce qui m’entoure.

Malgré quelques éclairages par ci, par là, les ombres qui semblent envahir l’espace m’invite à m’imaginer les choses les plus terrifiantes. Je traverse les rails et je me retrouve devant une tombe ouverte.

Un bruit sourd me fait sursauter.

Cric Crac Crac.

Mon âme semble sortir par ma bouche quand je pousse un cri.

Ses yeux atteints par la folie ... ses coups secs ... la douleur… Je secoue la tête une nouvelle fois.

Mes jambes tremblent et je regarde encore une fois autour de moi. Je m’assieds quelques secondes sur la tombe ouverte - marcher quelques mètres n'a jamais été aussi difficile. Mes yeux regardent la pierre froide du fond de la sépulture. Le contact de la pierre froide sur mes doigts me fait sursauter.

Mon corps se refroidit sur la pierre ... quelque chose de chaud coule sous moi ... je vois un plafond en bois sombre mais il s’efface petit à petit.

Un nouveau bruit me surprend, suivi d’un cri déchirant de femme. Je sors de ma torpeur. Qu’est-ce qu’il m’arrive?

Je reconnais les bruitages du premier étage et cette idée me rassure un peu.

« Pas de quoi t’emballer petite imagination. »

Je prends une grande inspiration pour me redonner du courage. La lune est juste après le rail en face et je dois savoir, avant de sombrer totalement dans la folie … je dois savoir.

Je me remets debout et m’avance rapidement vers la lune. Une grand peinture - vachement bien faite - semble collée contre le mur. Je la touche, ce n’est pas une toile mais une matière plus dure, on dirait de la ferraille. Comment la lune est censée m’aider ? Est-ce que c’est là l’aile ouest? Il n’y a rien ici.

« En même temps, si ce sont les manifestations d’un monde auquel on a pas accès, je n’y verrais rien. »

Cette idée me fait frissonner mais je garde le contrôle.

Ma main se balade sur la surface lunaire cherchant une réponse plus rassurante. Les bords sont un peu granuleux. Un léger espace sépare le décor du mur mais il semble comme impossible de le bouger.

Ma main rencontre enfin quelque chose de différent et je me penche pour voir ce que c’est. Une poignée, ça ressemble à une poignée. J’attrape le loquet, la lune se tire et avec elle, une porte s’ouvre.

« L’aile ouest? Est-ce que c’est l’accès de l’aile ouest? »

La porte ouverte donne sur un lieu aussi sombre que le décor intérieur. Je reste à l’entrée tâtonnant mes mains de chaque côté pour y trouver un interrupteur. Mes doigts rencontrent une surface graisseuses en plastique et j’appuie dessus. Une très faible lumière clignotante s’allume.

Je jette un oeil de chaque côté. Malheureusement pour moi, il fait trop sombre pour en voir le bout.

Je n’ai pas besoin de voir, je connais bien ce lieu, je l’ai parcouru tant de fois.

Il va me falloir énormément de courage pour m’y aventurer. Je mets une main sur mon coeur comme pour lui transmettre un courage que j’ai du mal à faire revenir.

Je sens ses battements furieux contre sa cage thoracique, les miens sont si silencieux.

Je me tourne vers la droite et avance à tâton. Un bruit de pas résonne dans mon dos et je me retourne pour essayer d’apercevoir. L’ombre avale tout. Je ne vois rien. Les pas sont de plus en plus audibles. Mon dieu, ça approche.

Soudain, une large silhouette se dessine en face de moi et s’approche rapidement. Je me fige. De plus en plus le corps me parait reconnaissable.

« Lola? Qu’est-ce que tu fais ici? »

La voix de Yann sort de la silhouette.

« Yann, c’est toi? » dis-je soulagée.

Il s’approche encore plus et son visage apparait dans la faible lumière. A ce moment-là, les bruits étranges semblent reprendre de plus belle. Je me recule de surprise.

« Mon dieu ça vient de derrière toi! » préviens-je Yann qui ne semble pas du tout affolés. « C’est quoi? »

Mes yeux regardent affolés l’obscurité qui se trouve derrière lui. Yann vient prendre mon visage entre ses mains et diriger mes yeux vers lui.

« Sans doute, des âmes maudites tourmentées par leurs désirs. » me répond-il impassible.

Comme si cette idée ne devait pas nous faire sombrer dans la peur. Ses pouces caressent mes joues et ma tension semble redescendre.

« Allez, on rentre » me dit-il.

« Mais je… »

Yann rapproche son visage du mien et son souffle chaud rentre dans mon nez comme une drogue duquel je serais totalement dépendante.

« Pas ce soir » me souffle-t-il et, comme absorbée par lui, je le suis alors qu’il repousse la lune contre le mur.

« Desfois, je me demande qui tu es Yann. Un psychopathe? un homme discret et doux? un âme torturée? Peut-être tout à la fois et maintenant je me demande si tu n’es pas aussi un chasseur de fantôme ou un fantôme toi-même. »

Yann rie et me prend la main pour me faire traverser la voie et me ramener vers le couloir.

« On a qu’à dire que ce soir, je suis celui qui était là au bon moment au bon endroit. Et j’espère l’être encore. » me répond-il avec un clin d’oeil.

Sa chaleur sur moi, son désir m’envahissant et se confondant avec les battements de mon corps. J’ai à peine eu le temps de le toucher, à peine le temps de le sentir à nouveau qu’il s’est enfuie.

Ça fait un moment qu’il est là, un moment qu’il est revenu vers moi… et pourtant ce n’était pas tout à fait lui… jusqu’à elle. Il avait disparu d’un coup, j’avais attendu son retour mais je dépérissais…

Je ne pouvais imaginer avec quelle horreur, il avait du le traiter… lui cet homme si cruel, si prétentieux qui ne pensait qu’à ces titres, qu’à son honneur, bien loin de l’amour et du désir qui m’habitait moi.

J’avais grandi enfermée, dressée à être la jeune femme parfaite, celle qui rendrait son père heureux mais je fanais a l’intérieur … jusqu’à lui, jusqu’à son sourire, sa voix grave et douce. Ses yeux qui me dévoraient avaient réveillé en moi une sensation jusqu’alors inaccessible, une sensation vive qui ne pouvait s’éteindre que lorsque je demeurais dans ses bras.

Et puis je me suis perdue en lui et je n’ai plus été assez mesurée, j’ai fait preuve de négligence.

Quand il l’a su, c’était trop tard… L’enfermement, la tourmente et l’attente m’envahissait … jusqu’à ne plus savoir quel jour commençait et quel jour s’achevait.

Je ne mangeais plus … je tournais en rond et refusait de voir mon père jusqu’à cette nuit là… la douleur … les bruits secs qui résonnent au plus profond de mon corps endolori… les cris et puis … plus rien le vide le néant, l’attente…


Voilà plusieurs minutes que je progresse prudente.

Aujourd’hui, je suis partie encore plus tard de mon poste. Il n’était pas question que Yann soit encore « celui qui était là au bon moment au bon endroit »… ou peut être que si… je ne sais plus ce que je veux ... mais en tout cas hier, il m’a empêché de savoir ce qui se cachait derrière les échos qui résonnait dans son dos… peut-être le sait-il lui?

De toute façon, je suis bien décidée à trouver ce qui semble hanter ces lieux et je ne veux personne sur ma route.

« Je suis Lola, je suis courageuse et j’irais jusqu’au bout. »

Je me répète ce mantra depuis le milieu de l’après-midi comme une motivation empêchant mon imagination de s’emballer, ma peur de prendre le dessus et j'ai l'impression que j'en ai besoin pour ne pas me faire envahir par ce froid glacial, ses images...

Pourtant, les bruits deviennent plus audibles et cette drôle de sensation m’envahit petit à petit.

Je suis proche, je sais... je connais ce lieu…

Je secoue la tête.

« Je suis Lola, je suis courageuse et j’irais jusqu’au bout. »

Inspiration - Expiration.

Je suis déjà dans le couloir que je n’ai pas pu visiter hier et j’explore le mur du bout des doigts complètement envahie par l’obscurité. La petite lumière qui se trouvait à l’entrée a eu vite fait de se faire étouffer par la noirceur.

Des frissons d’horreur provoqués par le contact de mes doigts sur la matière grasse et poussiéreuse des façades parcourt mon bras. Mon cœur tape à un rythme soutenu dans ma poitrine. Je suis à l’affût. Puis quelque chose semble plus lisse sous mes doigts. Il y a des fissures et je manque de peu de me couper. Est-ce un miroir? ... comme dans l'histoire d'Augustine?

Je sursaute quand un autre mur sur ma droite tape sur mon épaule.

« Je suis Lola, je suis courageuse et j’irais jusqu’au bout. »

Inspiration - Expiration.

Je tâtonne en face de moi, il semble que c’est un coin. Si je continue sur ce mur-là, je ne suis pas sûre de savoir où je vais aller.

Un cri de femme me surprend dans le noir et je me retourne pour percevoir au loin la lumière. L’obscurité qui m’entoure est étouffante, envahissante. Je ne comprends pas d’où vient ce cri et tout ici semble vivant.

Je me sens envahie par de nouvelles images, les murs m’apparaissent plus neuf, une chandelle brille sur une cheminée…

« Je suis Lola, je suis courageuse et j’irais jusqu’au bout. »

Heureusement, les images s’éloignent et je me retourne vers le mur comme si mon dos pouvait faire rempart à ce que je ne vois pas. Ma nuque est à découvert et je sens le froid la caresser. Les poils se redressent comme pour se préparer.

Inspiration - Expiration.

« Allez encore un peu et après on ne reviendra plus jamais ici, plus jamais. »

Mon doigt percute un rebord inattendu sur le mur qui me fait face. Je plisse les yeux pour voir au mieux mais ça ne donne aucun résultat satisfaisant. Je pose ma main à plat pour tenter d’apprécier ce que c’est.

Le mur gluant fait rétracter mes doigts de dégoût. Quelque chose semble bouger. C’est une trappe et je l’ouvre prudemment.

La lumière entre dans le couloir sombre et mes yeux se plissent. Il me faut quelques secondes pour m’habituer à la soudaine luminosité mais les bruits qui me parviennent clairement désormais ne me laisse aucune illusion sur ce que je m’apprête à voir.

Ce qui me semblait être des cris étouffés sont en réalité des gémissements de femme. A mesure que mes yeux s’habituent à la lumière, j’aperçois l’origine de ce qui me faisait peur.

Une femme que je reconnais est à demi allongée sur le ventre. Sa jupe est soulevée au-dessus de ses fesses et un homme portant le masque d’un loup la pénètre avec animosité.

Seul son sexe semble sortir de son costume composé d’un jean déchiré et d’un pelage recouvrant tout son corps. Ses mains s’agrippent aux hanches de la soubrette. Elle s’accroche au rebord d’un vieux bureau en bois sculpté qui grince sous les mouvements passionnés de l’animal.

D’abord le soulagement… ce ne sont pas des fantômes… L’écho de leurs gémissements apparait tellement différents dans le reste du manoir.

Puis, rapidement d’autres émotions m’envahissent… l’excitation électrise tout mon corps.

Il ne me tourne pas le dos et même s'ils ne me font pas face, ils pourraient me voir. Je ne veux pas qu’on me prenne pour une voyeuse mais pourtant je n’arrive pas à m’arrêter de les regarder. Ce spectacle me fascine tellement. Bien plus que tout ce que j’ai pu voir avant.

Les grognements de l’homme sortent de sa gueule de loup, il accélère ses pénétrations. Je me sens excitée, très excitée et en même temps, je me demande qui ça peut-être, sous ce costume. J’imagine son visage se contracter de plaisir et une frisson monte ma colonne vertébrale.

J’ai croisé Yann hier dans ce même couloir et si c’était lui? Cette idée me fait trembler de plaisir. Voir cet homme si impassible chevaucher cette femme avec tant d’ardeur est insupportable d’excitation.

Puis, le loup se penche et attrape le chignon de la femme qui se redresse. Il lui chuchote quelque chose à l’oreille et accentue encore ses pénétrations tirant des cris plus aigües à la soubrette.

Sa tête poilue semble se tourner vers moi et je prends peur.

En moins de temps qu’il faut pour l’écrire, je referme la trappe et je me retourne vers ce noir d’un seul coup rassurant. Sans plus aucune précaution, j’avance dans le couloir comme si le diable était à mes trousses. Il faut que je revienne au vestiaire rapidement, vraiment rapidement.


Ce rêve était tellement réaliste. Je me suis couchée sur le côté, recroquevillée sur moi. Les souvenirs sont encore si présents que j’ai du mal à retourner à la réalité qui est la mienne : une étudiante, un job de vacances et un studio.

Je revois Yann enlevé le masque de loup, il me regarde et m’appelle. Il me veut, il veut que je l’observe et il veut plus aussi. Puis on se retrouve dans une chambre ... une chambre ancienne et pourtant neuve. Il m’a allongé sur un lit en baldaquin et sa bouche parcourt chaque centimètre de ma peau. Je tourne les yeux et sur le bureau est assis à nouveau le loup, il a son sexe sorti et se caresse en nous regardant. Puis d’un coup, la fenêtre s’ouvre, le froid envahi la pièce, le miroir se brise et la douleur me paralyse.

Ma tête est remplie d’images m’appartenant et d’autres qui semblent venir d’autres souvenirs. Je m’endors envahie, incapable de résister au nouveau rêve qui semble me submerger une fois encore.


Encore ce soir, je me retrouve face à la lune. Je ne sais pas comment je suis retournée à cet endroit. Mon but était de savoir et maintenant, je sais ... alors pourquoi je suis à nouveau ici?

Je me rappelle m’être réveillée ce matin en sueur et la culotte encore trempée. Le nouveau rêve que j’avais fait mêlait tellement de personnages horrifiques et réels qu’il était impossible de m’en souvenir précisément. Tout ce que je savais c'était que je m’étais réveillée tellement excitée que j’avais dû me soulager grâce au vibro rangé dans ma table de chevet. Un soulagement rapide et intense mais qui pourtant, cette fois-ci n’avait pas suffit.

J’avais passé toute ma journée dans une espèce de brouillard où se mêlait sexe, image d’un temps largement passé et créatures épouvantables. Je me souvenais avoir donné la main à quelques enfants pour les aider à sortir de leur siège mais leur présence me semblait encore plus indécente aujourd’hui.

Le reste de ma journée était vague et heureusement l’habitude que j’avais développé depuis la semaine dernière avait rendu ces moments d’égarement pratiquement invisibles aux yeux des autres.

Comme d’habitude, Aminata ne m’avait pas attendu et Ahmed l’avait suivi silencieusement.

Mes pensées se sont vite tournées vers les deux employés qui avaient du quitter leur poste avec la même précipitation pour se retrouver dans ce lieu et effectuer leur routine charnelle; Ou peut être ce lieu était-il connu et que chaque employé s’y relayait… enfin peu importait ce n’était pas la curiosité qui m’avait mené ici ce soir.

C’était quelque chose de plus inavouable.

C’est donc comme étrangère à cette décision que je dirige ma main vers la poignée qui me permet d’ouvrir la lune.

J’allume la lumière avec la certitude que c’est inutile et je m’avance avec plus d’assurance dans le couloir. Les gémissements sont aussi présents ce soir et je ne saurais l’expliquer mais cela me rassure. Il me fallait certainement réitéré l’expérience qui m’avait tant perturbée depuis hier.

Arrivée au fond, je tâtonne le mur à la recherche de la trappe. La lumière aveuglante puis la vue qui se dégage.

Le loup est toujours là mais cette fois, c’est une servante qui est victime de ses assauts.

C’est une servante que je connais très bien et pendant quelques secondes, je suis sous le choc. Je comprends pourquoi elle était si pressée de partir.

Aminata est allongée sur le dos, le loup me fait pratiquement face. Il est penché sur elle et la pénètre avec vigueur. La servante caresse le pelage de l’animal et cette vision est particulièrement étrange. Étrangement excitante.

Le loup chuchote à l'oreille de ma collègue, se redresse et vient prendre son sexe entre ses mains. La taille de son pénis est impressionnante. Sa main en recouvre à peine la moitié. Il se caresse le sexe juste au dessus de la vulve de la servante qui semble impatiente de le rentrer en elle.

Sans vraiment que j’en ai eu conscience ma main a glissé jusqu’à mon entrejambe, à présent bouillonnant d’excitation.

« Tu as trouvé ce que tu cherchais Envoutante demoiselle? »

Une voix lugubre derrière mon dos me fait sursauter mais avant que j’ai eu le temps de hurler, une main vient se poser fermement sur ma bouche. La force me projette contre un torse.

Mon coeur s’est complètement arrêté et je tente de regarder avec effroi ce qui me maintient immobile : une chemise à carreau, du foin qui sort des manches, une odeur de citrouille… l’épouvantail. Celui qui avait chuchoté à mon oreille des mots si ambigües que j’avais du mal à les oublier, celui qui avait provoqué des sillons ineffaçables sur ma nuque…

« Ça t’excite? » me demande-t-il.

Je hoche la tête en guise de réponse. Il est temps d’assumer que ce spectacle éveille en moi des sentiments immoraux.

L’épouvantail relâche sa main et penche son horrible tête vers moi.

« Alors regarde. » ajoute-t-il.

Les sensations se décuplent en moi.

D’un côté, le loup a repris ses pénétrations intensément et de l’autre, je peux sentir la présence de l’épouvantail derrière moi. C’est une folle excitation et mon coeur s’emballe dans ma cage thoracique. Mon entrejambe me tiraille et une tension insoutenable attend son soulagement.

« Touche-moi. » demandè-je sur le bord de l’implosion.

Sans réponse, la main de l’épouvantail vient se poser sur mon cou et son autre main vient attraper un côté de ma jupe. Petit à petit, il la soulève puis vient glisser sa main dessous. Ses doigts épais viennent pénétrer ma culotte. Il caresse l’ensemble de ma vulve avec intensité. Ses doigts semblent se faufiler partout et je me tortille d’excitation.

Le loup ressort son sexe une nouvelle fois et amène ma collègue à se mettre à quatre patte sur le sol en pierre. Une décharge électrique me fait sursauter quand il la pénètre à nouveau par derrière lui décrochant un cri de plaisir intense.

L’épouvantail a descendu sa main gauche et empoigné un de mes seins décuplant le plaisir de ses doigts qui s’agitent maintenant autour de mon clitoris.

Le loup émet des sons de plus en plus gutturaux. Ses coups de hanches sont féroces et Aminata halète fortement.

Je peux sentir le torse de l’homme citrouille se soulever de plus en plus rapidement dans mon dos trahissant l’excitation de l’abominable créature.

Je sens alors toute mon énergie se rassembler dans mon sexe, j’ai envie de le voir, de le toucher. Je tourne ma tête sur la droite, le miroir qu’il me semblait avoir touché est bien là. Le reflet de sa tête de citrouille m’y surplombe.

Je veux aussi voir l’excitation sur mon visage mais d'un coup mon coeur s'arrête. Mes yeux, mes cheveux, mon expression … c’est moi mais sans être moi… ce n’est pas mon reflet… Augustine…

Criic Craac Criicc!

Un horrible sourire se dessine sur mon visage qui déjà ne m’appartient plus. Je ne contrôle rien. Ma bouche est déformée, ma peau pourrit, des lambeaux s’en détachent, le liquide chaud coule sur mon visage.

« Ahhhhhhhhhh!!!! »

Quelle sensation délicieuse! Si seulement, il pouvait nous voir, si seulement il savait oh combien sa chère descendante pouvait apprécier les plaisirs de la chair.

Ce lieu si longtemps déserté, abandonné … mon corps si longtemps privé de ses sensations les plus voluptueuses, désormais je les sens et il ne peut me réprouver. Je l’ai vu s’éteindre à petit feu avec délectation, je me libérais de lui.

J’ai longtemps attendu ce moment, celui où je pourrais goûter à ma libération.

Les mains de l’épouvantail me lâchent et referme rapidement la trappe. Un rire diabolique résonne dans le noir mais je suis comme ailleurs.

Les gémissements se sont arrêtés de l’autre côté du mur. L’être qui partage ce couloir avec moi me saisit la main et me fait sortir rapidement. Une porte semble s’ouvrir derrière nous et nous atteignons à nouveau le cimetière. La citrouille m’amène derrière une stèle assez haute pour nous dissimuler.

Elle me plaque contre la pierre froide et se colle à moi. Je me sens partir à nouveau alors que des images se mêlent à mes propres pensées.

Vous vous rappellez Pierre? Vous vous rappellez cette fois-là?

Vous et moi nous avions passé la journée à nous regarder, la journée a espéré ce moment.

Nous désirions si fort raviver les souvenirs de notre dernière rencontre, de ce dernier moment où nos corps s’entremèlèrent.

Et puis, nous n’avions pu attendre plus longtemps. Vous m’aviez rejoint fiévreux dans ma chambre et m’aviez entrainé contre mon armoire froide comme cette pierre. Vos yeux trahissaient toutes les pensées qui vous envahissaient et je vous voulais encore et encore.

« Y avait quelqu’un j’en suis sûre. » dit une voix masculine pas très loin de nous.

« On s’en fou, rentrons. » répond une voix féminine.

La chaleur de l’épouvantail m’enveloppe entièrement, me ramenant ici et maintenant. J’ai le nez à deux centimètres de son torse et l’image de ses pectoraux nues en plein étirement me revient.

Qui est-ce?

Mon coeur s’accélère dans ma poitrine quand j’imagine l’être insondable qui est sous ce costume.

Vous me manquez tellement, votre chaleur me manque, cette chaleur qui avait cette facilité à m’embraser entièrement. Quel était cet étrange pouvoir que vous aviez sur moi, cette force d’attraction dont je ne pouvais me détacher? Je la ressens ce soir, seriez-vous près de moi?

« Je crois qu’ils sont partis. »

La citrouille se redresse et regarde au-delà de la pierre tombale.

Est-ce vraiment vous? Seriez-vous enfin revenu à moi?

Irrésistiblement attirée par l’épouvantail, je m’approche de lui le coeur battant la chamade. Je pose mes mains sur son torse.

Un léger sursaut surprend la créature.

Je remonte mes doigts doucement vers son cou… il m’est impossible de m’arrêter, je veux savoir, non je dois savoir, une force me pousse à savoir qui il est.

Je plonge ma main sous son masque. Je rencontre d’abord un menton puis un fil qui semble rattacher à la citrouille. Je le suis pour sentir une aspérité différente sur sa peau. Quelque chose est collé sur sa pomme d’Adam et je le décroche doucement. Puis je soulève le casque. Des boucles en désordres tombent sur ses yeux profonds. Un frisson parcourt mon cou.

Cette sensation, je la connais. C’est celle qui parcourait ma nuque chaque fois que vous vous approchiez de moi. Elle était devenue annonciatrice de votre présence. Et je la ressens une nouvelle fois ce soir, ooohhh comment elle m’avait manqué, oooohhh comment je suis heureuse d’enfin vous retrouver.

J’aurais reconnu votre chaleur n’importe où, sous n’importe quel masque. Je vais pouvoir vous toucher, vous sentir contre moi.

« Je vous ai tellement attendue. »

Ces mots sont sortis de ma bouche sans que je n’ai pu les retenir et je me sens complètement perdue dans un brouillard où mes propres pensées se mêlent à d’autres, aux siennes… J’en suis sûre.

Yann et moi nous regardons quelques secondes. Je me sens envoûtée, incapable de résister au désir qui me tiraille.

Yann me prend le masque des mains puis le laisse tomber sans ménagement sur la terre qui recouvre le cimetière. Son expression a changé. Il me regarde avec plus d’intensité et je me liquéfie.

Vous êtes là, enfin, face à moi, je vous attendais depuis tant de temps. Me reconnaissez-vous? M’aimez-vous encore?

Décidé, Yann avance vers moi et vient attraper mon visage avec ses mains chaudes. J’enlace mes bras autour de sa nuque et nos bouches se rejoignent rapidement comme aspirées l’une vers l’autre. Je m’appuie sur son cou et il descend ses bras sur mes cuisses.

Rapidement, il soulève ma robe et se pose sur mes fesses pour me soulever. J’enroule mes jambes autour de sa taille et déjà il vient me plaquer à nouveau contre la pierre.

« Je ne peux pas te résister » soupire Yann entre deux baisers.

Nous nous absorbons l’un l’autre. Il n’y a pas d’autres mots. Nos baisers sont complètement désordonnées. Nous sommes assoiffés l’un de l’autre comme si nous ne nous étions pas vu depuis longtemps. Cette idée complètement folle semble pourtant si réelle.

Notre attirance est douloureuse. Notre désir nous mange de l’intérieur. J’ai envie de le toucher, de parcourir mes mains sur tout son corps mais je ne peux pas m’éloigner de lui pour autant.

Je le ressers vers moi en appuyant mes avant-bras sur sa nuque.

J’aimerais que vous demeuriez ici, que plus jamais vous ne me quittiez, j’aimerais que vous fondiez en moi.

Sa bouche s’écrase encore sur moi et sa langue me pénètre. Mon coeur fait des bons au rythme des brûlures qu’il provoque en moi. Je sens son envie de me toucher, de m’explorer avec ses mains, ça me rend dingue.

Il me porte alors jusqu’à une pierre tombale où il m’allonge.

Pendant quelques secondes, je suis envahie par la douloureuse tristesse de le sentir s’éloigner de moi mais très vite Yann se rapproche à nouveau. Il embrasse à nouveau ma bouche, puis mes joues, et vient dévorer avec agitation mon cou.

« Je me suis languis de vous pendant tellement longtemps Augustine. »

Les yeux de Yann ont changé, il n’est plus au commande. C’est étrange car moi-même, je me sens perdre de mes facultés. Bizarrement, c’est délicieux de perdre le contrôle … je me laisse happer … porter…

Mon coeur se met à frémir furieusement dans mon buste. Les doigts de Pierre délassent nerveusement mon corset.

Sa bouche impatiente descend sur mon corsage. Il me mordille la chair me faisant tortiller sous lui. Les liens de mon corset sont désormais entre sa main virile et mon corsage retombe de chaque côté de mon torse. Il me remonte alors et m’asseoit sur lui.

Ses yeux brillant m’admirent émus de me retrouver enfin. Je tremble de plaisir, je ne veux plus jamais m’en détacher. Il retire mon corset et avec tout autant d’empressement, descend le haut de ma robe. Sa main et les pailles qui l’accompagnent chatouille mon dos puis subitement il appuie dessus rapprochant mes rondeurs de sa bouche. Je gémis sous son assaut, sous sa bouche impitoyable.

Il me savoure respirant profondément comme s’il s’imprégnait de mon corps.

« Je ne veux plus jamais que votre peau s’éloigne de la mienne. » me dit-il la voix rauque.

Il retire ses bretelles et déboutonne sa chemise. Je le regarde faire tout aussi hâtée que lui.

Je repousse la chemise sur ses épaules découvrant son torse aux muscles ronds.

« Lola… » gémit-il.

Il essaie à nouveau de me rapprocher de lui mais je suis absorbée par ce corps que j’ai imaginé sur tant d’employés masculins.

Mais non pourtant, c’était bien lui … Yann … c’était bien cet homme avec son regard si pénétrant … cet homme qui me provoquait des frissons à chaque présence ... cet homme qui avait causé tant de bouleversements dans ma tête.

Mes mains se rapprochent de ses bras et les remontent lentement. Les poils s’hérissent au passage de mes doigts. Je sens son biceps tendu et je remonte encore sur ses épaules. Ma main droite vers son cou et je pose ma paume sur sa pomme d’Adam.

Pierre me dévisage avec tendresse, notre désir de nous posséder l’un l’autre a traversé le temps mais n’a jamais faibli… il a même empiré, gonflé par toutes ces années à se languir de l'autre.

Un violent frisson remonte ma colonne vertébrale et je ressers ma main sur son cou puissant. Un léger sourire se dessine sur sa bouche. Je mords ma lèvre et sa bouche s’ouvre ébahie.

Ma main gauche descend sur son torse. Ses poils chatouillent mes doigts. Je veux profiter de chaque parcelle de lui. Je descends encore sur son ventre qui se contracte de plus en plus à mesure que je m’approche de sa braie. Les bretelles y sont encore accrochées mais déjà sa virilité se dresse fièrement et une douloureuse pression s’installe dans mon entrejambe.

« Maintenant c’est assez Mademoiselle. » m’interrompt-il « Je veux sentir votre peau contre la mienne. »

Sur ces mots, Pierre saisit mes bras et vient les maintenir dans mon dos. Avec une pression, il me rapproche de lui, mes seins s’aplatissent sur son torse et ce contact fait s’arrêter mon coeur. Sa main me lâche et il remonte mon dos jusqu’à ma nuque. Il approche son visage de mon oreille et vient me chuchoter à l’oreille.

« J’aime savoir que c’est moi qui fait violemment battre ton coeur. »

Yann est à nouveau là et sa bouche rejoint la mienne. Nous nous embrassons avec violence et je suis à nouveau maître de mon désir. L’animosité a atteint mes hanches qui ondulent impatientes sur lui.

Yann vient attraper mon pied avec sa main gauche tandis que ses lèvres brûlantes marque mon cou. Sa main puissamment accroché à ma chair, remonte sur ma cuisse, retroussant par la même occasion ma robe. Ses doigts viennent pénétrer mon intimité.

« Vous êtes terriblement envoûtante mademoiselle. »

Le souvenir de vos premiers mots à mon égard, de la première fois que vous avez osé m’avouer vos sentiments me reviennent en mémoire.

C’était un soir et je venais de rentrer d’une balade avec ma chère amie Eugénie. Le vent froid soufflait dans l’écurie et vos yeux sombres me regardaient intensément. Notre premier échange, la première fois que vous avez posé les mains sur moi...

Ses doigts s’enfoncent en moi, soulageant en partie la tension qui s’accumulait dans mon bas ventre. Yann bascule sa tête ramenant ses cheveux en arrière et se mord la lèvre en fermant les yeux.

« Tu es tellement chaude Lola. »

Cette délicieuse torture ne fait que me rendre plus impatiente encore. Je veux le sentir en moi, je veux qu’il me possède. Je veux que son torse frotte contre le mien pendant qu’il s’abandonne.

Comme si nos âmes étaient liées par les mêmes pensées, Pierre détache les boutons de sa braie et libère sa virilité. Son poing se referme alors sur mon dessous qu’il tire avec force, le déchirant pour libérer mon intimité.

Je me rapproche de lui. Enfin, il entre en moi dans un râle puissant qui fait trembler tout mon corps.

Cette obsession si forte, ce besoin impérieux de l’avoir en moi ne s’éteint pas, elle s’accentue plus impératif encore. J’appuie mes pieds sur la pierre pour reproduire encore et encore cette incroyable sensation.

Pierre accroche ses mains à mon siège pour me guider et nos bouches se rejoignent à nouveau.

Nos baisers sont de plus en plus entrecoupés par nos souffles bruyants. Une de ses mains vient se poser derrière ma tête et il plonge la sienne dans mon cou. Le rythme de nos hanches s’accélère, ses gémissements sont de plus en plus puissants.

Mon coeur est chaud et mon âme brûlent d’un feu qu’il ne cesse d’attiser. Ses ongles s’enfoncent dans ma chair, ses lèvres rejoignent ma bouche, tout son corps se contractent et il s’éparpille en moi dans un râle puissant.


Je crois que je ne pourrais pas me lasser de son regard profond qui semble me dévorer l’âme.

Cette fois, ces yeux électrisants sont accompagnés par une voix tout aussi hypnotisante. Sa tête devant le micro, il ne semble chanter que pour moi - peut-être n’est-ce qu’une illusion car les employés du Manoir sont derrière moi ; mais je m’en fou car moi, il n’y a que lui qui m’intéresse. Sa voix lancinante, ses yeux intenses et le douce marque laissée par ses mains sur moi.

Je me rappelle la passion et le désir qui m’ont envahi quand j’ai vu son visage apparaitre sous le masque. Ces sentiments forts ne m’appartenaient pas entièrement, ils lui appartenait à elle.

Je me demande si je ne suis pas devenue dingue mais pourtant, je l’ai vu. J’ai vu son reflet à la place de mon visage dans ce miroir. Je l’ai sentie m’habiter… Augustine… Elle aimait ce qu’il se passait, elle aimait regarder les autres faire.

Elle m’envahissait. J’ai vu ces souvenirs, et lui… son visage … le même… Pierre… ma bouche prononçait ce nom inconnu tandis que nous faisions l’amour et pourtant mes yeux ne voyaient que Yann. Mon désir se confondait avec celui d’Augustine dans une intense soif de l’homme qui nous faisait face.

Je n’arrive plus à décrocher mes yeux de lui désormais, je le veux encore, toucher ses lèvres, poser ma main sur son torse, sentir son souffle dans mon cou. Un frisson me traverse m’électrisant pleinement. Je me demande comment est née cette obsession et si elle m’appartient un peu.

J’entends mes collègues discuter derrière moi mais je m’en fous, toute mon attention est portée sur les lèvres de Yann qui semble caresser le micro.

Ce soir, une partie de l’équipe est venue assister au concert de son groupe, les Démons of Chill, un nom qui prête particulièrement au personnage qui semble me posséder entière.

Le souvenir de ses mains qui me touchaient pendant que je regardais ce couple s’envoyer en l’air, sentir son torse se soulever plus rapidement, puis le cimetière toutes ces images me reviennent au fil des mots qu’il chante.

Depuis, sa présence ne fait que me rappeler à lui, sa voix m’ensorcelle. C’est le diable, j’en suis sûre mais je ne suis pas certaine de vouloir m’en exorciser.

Je secoue ma tête et me mobilise pour sortir de cet envoûtement… Quelques minutes… juste un peu. Je me retourne et je me joins à mes collègues.

« Ah Lola, enfin! Tu veux une bière? » me propose Leïla.

« Oui merci »

Ma collègue me tend un verre plein.

Ce soir, seul ceux qui sont proches de Yann sont présents - enfin aussi proche que l’on peut l’être : Benoit (on se demande pourquoi), Patrick et Lorietta, Jérémy, Leïla (évidemment, elle est tellement extravertie), Julien, Aminata, Lucia et Karim.

Une plus petit groupe mais tout de même 10 personnes qui font beaucoup de bruit dans le petit pub où Les Demons of Chill jouent.

Je m’assois à côté du super silencieux Benoit qui ne me regarde plus comme si j’étais une méchante - c’est déjà ça de gagné. De l’autre côté, Lorietta et Patrick s’embrasse avec fougue.

Je prends quelques gorgées de ma bière et me retourne vers la scène.

Yann me sourit et je ferme les yeux profitant de ce son lent et de cette voix grave qui me fait frémir.

« J’ai aimé sentir ton regard sur moi. »

Je sursaute surprise et me retourne vers la voix. A côté de moi, Benoit s’est rapproché et murmure à mon oreille. Qu’est-ce que … Les images du loup rentrant et sortant son sexe me reviennent en mémoire.

« J’ai vu que tu aimais me regarder, que tu aimais regarder comment je faisais jouir tes collègues. »

Mon coeur bat fortement dans ma poitrine, je suis complètement immobilisée. Tous mes muscles se tendent et je tourne mon regard vers les yeux de Yann. Son regard passe de moi à Benoit d’un air sombre. Puis il s’arrête sur moi et ses yeux me déshabillent de haut en bas. Ce soir, j’ai mis une petite robe noir qui vole sur mes cuisses et son regard me fait rougir de plaisir. Je ressens à nouveau sa main me toucher pendant que je regardais mon voisin de table pénétrer Aminata.

« Moi aussi j’aime regarder et j’aimerais beaucoup vous regarder tous les deux. » continue Benoit qui regarde désormais Yann.

Je m’imagine les mains de Yann me caresser et l’homme loup nous regarder les yeux brillants. Je me lève brusquement, terriblement gênée par l’excitation qui m’envahit.

Beaucoup d’informations circulent nerveusement dans ma tête tandis que je me dirige vers les toilettes pour me rafraîchir les idées.

Le loup, c’est Benoit - cet associal homme malingre se tape les femmes de son boulot déguisé en loup… il a aimé que je le regarde - il aimerait nous regarder… beaucoup d’informations d’un coup.

Je me penche sur le lavabo des toilettes, j’ouvre le robinet et me gicle le visage avec de l’eau fraiche. Mon reflet dans le miroir est bien le mien, pas d’Augustine, juste moi. Je ferme les yeux sentant l’excitation qui habite fortement le bas de mon ventre. C’est la mienne, c’est bien mon excitation.

Un frisson parcourt mon cou. Je sais que Yann approche.

« Tu vas bien? »

Sa silhouette se dessine dans la porte, il a un léger sourire qui s’efface rapidement quand je le regarde dans les yeux. Une folle attraction nous envahit à nouveau. Le sentir si proche me rend décidément dingue.

Son regard profond semble encore plus sombre, prêt à me dévorer. Il nous faut peu de temps pour que déjà nos corps se rapprochent et nos lèvres se dévorent.

Il me plaque contre le meuble où se trouve l’évier. Sa main droite appuie sur ma tête pour enfoncer sa langue dans ma bouche et sa main gauche dans mon dos me rapproche de son torse. Sa chaleur exaltante envahit mon corps, je me colle à lui, je veux me fondre en lui.

Il me soulève rapidement et m’assoit sur la vasque. J’enroule mes jambes autour de sa taille. Nos échanges de langue sont toujours aussi chaotiques, à la hauteur de notre désir incontrôlable.

Il me porte, me plaque contre le mur, colle son bassin contre mon entrejambe. Notre bouche se sépare et il gémit. Ses yeux perdus dans le désir me regardent sans me voir, seules nos sensations comptent.

« Lola, je te veux encore, et encore. »

Je gémis à mon tour, ces mots me transpercent entièrement. Mon coeur brûle, je fonds de désir. Ma main vient décrocher les boutons qui me séparent de son sexe.

« Viens en moi, tout de suite. »

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres mais déjà, il me plaque plus fortement sur le mur et vient soulever ma jupe. Ma culotte écartée, un immense soulagement m’envahit quand je sens son sexe me pénétrer.

Il reste quelques secondes immobile, savourant ma chaleur, humant mes cheveux. Puis il ressort et vient à nouveau me pénétrer plus profondément. Il accélère ses mouvements et je l’accompagne en bougeant mes hanches. Nos mouvements sont nerveux, impulsifs.

« Hannnn » grogne-t-il dans mes cheveux m’encourageant à bouger plus sauvagement. « Tu m’envoûtes complètement Lola. »

Il a redressé sa tête et me regarde de ses yeux brûlants. Un nouveau gémissement m’échappe.

Ses pénétrations deviennent plus brusques, plus pressées. Il ferme les yeux et se mords les lèvres.

« Haaannnn oui. »


Je recoiffe mes cheveux les mains humidifiés. Le reflet de Yann me regarde dans le miroir qui me fait face. Il s’est mis contre mon dos et a posé son menton vers ma nuque.

« Pourquoi tu me fais cet effet là Lola? »

La question n’en est pas vraiment une et il dépose de léger baiser dans mon cou.

« Je crois qu’on est envoutés. » lui dis-je pensive.

« Je t’avais dit que c’était dangereux de t’aventurer dans cette partie du manoir. Elle t’a eu. Ça fait longtemps que je la sentais m'épier mais elle t’a eu pour m’avoir moi. »

Un frisson d’effroi me traverse l’échine. Les yeux inquiétants de Yann regardent perdus devant eux. Je ne suis pas folle, il sait.

« Du coup, qui veux-tu? Moi ou elle? »

Yann se redresse et me regarde intensément. Un sourire malicieux se dessine sur ses lèvres et il approche ses hanches de mes fesses.« Et toi qui veux-tu? Moi ou Pierre? » me chuchote-t-il.

Sa main droite vient caresser un de mes seins, descend sur mon ventre, passe sous ma jupe et vient se poser sur mon sexe.

« Moi je te veux toi, Yann, celui qui me touche comme tu m'as touché devant la trappe. »

« J’ai aimé que tu les regardes ... j’ai aimé te toucher. »

Il se mord la lèvre et ses doigts font des cercles sur mon clitoris. Je sens le feu s’allumer à nouveau en moi.

« J’ai beaucoup aimé. »

Yann se mord les lèvres et gémit. Ses doigts accélèrent encore et mon entrejambe s’électrise entièrement.

« Je crois que j’aimerais aussi être regardé. » dis-je entre deux gémissements.

Yann grogne et me retourne me soulevant pour me mettre les fesses sur le meuble. Il prend ma bouche avec ferveur, le désir revient plus pressant … plus fort encore.


Dans son costume d’épouvantail, Yann a posé son masque et murmure à mon oreille.

« Il est là. »

Les yeux fermés, je sens en effet un regard sur nous, cette présence invisible m’électrise.

Yann a déjà ses mains sur mes hanches et il me pénètre doucement depuis quelques minutes. J’ouvre les yeux et regarde vers l’endroit où je sais qu’il sera là.

En effet, la bête est présente. Il porte toujours son masque et sa vue me coupe le souffle.

« Tu aimes? »

Je dirige mon attention vers l’homme qui me dévore de ses yeux sombres. Je lui souris pour répondre à sa question et vient poser mes lèvres sur les siennes.

Son baiser est particulièrement lent et intense. Je m’abreuve de lui. Je le trouve plus délicieux en sachant que quelqu’un nous regarde.

Nous sommes que tous les trois et pourtant, je ressens la présence de bien plus. Elle est là aussi, envahissant mon corps, partageant mes sensations. Augustine n’en loupe pas une miette et elle aime. Parfois sa voix semble se confondre avec la mienne et ses yeux me renvoient des images d’un passé que je n’ai pas connu.

Il est là lui aussi, habitant celui qui m’obsède, alternant entre lui et l’autre.

Ce mélange de nous 4 nous emporte dans une transe si intense que je perds pieds.

Le loup sait-il? Voit il? Comprend-il ce qu’il se passe vraiment ici?

L’idée qu’il puisse se toucher, assistant à une scène mêlant jouissance et plaisir spectral me remue au plus profond et un tremblement anime mon entrejambe enflammée.

La main de Yann remonte sur mon décolleté et vient délasser mon corset.

Je nous vois dans une écurie ... sur de la paille ... la sensation de faire quelque chose d’interdit me fait frissonner.

Il libère mon sein et vient l’entourer de sa paume chaude. Mon coeur chauffe tellement fort que je peux sentir les sentiments d’Augustine et les miens s’entremêler.

Je dirige à nouveau mes yeux sur la petite ouverture. Benoit retire son masque et me dévoile son visage enfièvré. Mon coeur bat la chamade et semble à deux doigts de sortir de ma cage thoracique.

Mais… un malaise soudain m’envahit.

Il est là, il est présent ... Il me poursuit même jusque dans la mort.

Mes yeux sont irrésistiblement attiré par ce qu'il se passe derrière la trappe et je sens l'horreur m'envahir. Benoit me regarde et son expression change. Il a du lire dans mes yeux la peur qui d’un coup, m’avait envahi… une peur que je ne comprenais pas… mais une peur viscérale… enfouie en elle.

J’ai éloigné Yann qui s’est retourné pour regarder dans la même direction que moi. Il se met devant comme pour me protéger et je m’accroche à ses épaules terrorisée.

Derrière notre collègue, une horrible silhouette se dessine. Un grand et mince homme est dans son dos. Son apparence n’est pas humaine… Une épaisse brume semble dessiner les contours de cet être terrifiant. Benoit le sent, la peur habite ses yeux. Je peux sentir son coeur battre fortement.

Les yeux bleus de la créature percent l’obscurité et nous regarde. L’épouvante nous empare… je peux la sentir emplir le lieu, l’habiter complètement. Le froid envahit la pièce… comme dans mon rêve… les couleurs se ternissent. Le sang chaud qui coule dans mon dos…

Je sais qui il est ... je sais ce qu’il veut ... je sais ce qu’il peut faire.

Les yeux de Benoit se tourne vers le miroir et tout son sang semble quitter son corps. Il a une horrible expression de douleur, il semble se déformer.

Cric Craacc.

Un cri douloureux sort de sa bouche. "Aaaahhhhh pitié!!!"

Cher père,

Vous m’avez désiré en bonne petite fille sage, en bonne fille obéissante. Vous m’avez élevé comme une poupée que l’on aurait mis sous cloche et pourtant vous ignoriez tout de moi.

Vous ignoriez à quel point la flamme de la passion brûlait en moi, à quel point j’avais soif de nourriture charnelle.

M’emprisonner n’aurait rien changé, m’enfermer n’aurait qu’accentué mon envie insatiable.

J’ai longtemps espéré que vous finiriez par comprendre, que vous me pardonneriez et que vous me laisseriez vivre les passions qui m’animent.

J’ai douloureusement découvert que votre fierté était plus forte que votre amour, qu’elle pouvait faire preuve de violence et je l’ai payé dans la douleur.

A jamais vous et moi,

emprisonnés dans ce maudit manoir qui a longtemps servi de prison pour enfermer la seule personne qui pouvait vous sauver de la ruine.

A jamais, vous et moi

nous errerons à la recherche d’une satisfaction que nous ne pourrons jamais assouvir.

FIN

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